Angeloni (BCE) juge gérables les créances des banques italiennes

le
0
    * Le problème n'est pas spécifique à l'Italie, dit Angeloni 
    * La BCE sait que la réduction des créances ne peut pas être 
rapide 
 
 (Actualisé avec nouvelles citations et contexte) 
    MILAN, 15 juillet (Reuters) - Le niveau élevé des créances 
douteuses des banques italiennes est gérable, a déclaré Ignazio 
Angeloni, responsable de la supervision bancaire au sein de la 
Banque centrale européenne (BCE), à un quotidien italien, 
ajoutant que le problème n'était pas spécifique à l'Italie. 
    Les banques italiennes ont souffert en Bourse ces derniers 
mois en raison des inquiétudes que suscitent leurs 360 milliards 
d'euros de créances douteuses, que la BCE souhaite voir 
diminuer. Le gouvernement de Matteo Renzi a engagé des 
discussions avec les autorités européennes pour tenter de venir 
en aide au secteur sans s'exposer à des sanctions pour aides 
d'Etat interdites. 
    "Il n'y a pas de problème spécifique ou national avec 
l'Italie", a dit Ignazio Angeloni à Il Sole 24 Ore dans un 
entretien publié vendredi. "Certaines banques sont handicapées 
par un niveau élevé de prêts non-performants. Le problème peut 
être géré mais ne doit pas être sous-estimé." 
    La BCE, chargée de la supervision du secteur bancaire pour 
l'ensemble de la zone euro, a fait de la réduction des créances 
douteuses ("non performing loans", NPL) l'une de ses priorités 
cette année, ce qui a conduit les marchés à craindre que 
certaines banques ne soient forcées de brader en urgence une 
partie de leurs portefeuilles de prêts. 
    Des sources ont déclaré le mois dernier à Reuters que la BCE 
prévoyait de fixer aux banques des orientations 
non-contraignantes fin 2016 ou début 2017 sur la réduction des 
créances douteuses, ce qui reviendrait à accroître la pression 
sur les établissements concernés sans aller jusqu'à leur forcer 
la main.  
     
    COMPROMIS NÉCESSAIRE ENTRE RAPIDITÉ ET VALEUR 
    "Nous savons bien qu'absorber les NPL, particulièrement 
quand leur niveau est élevé, ne peut pas se faire rapidement et 
nous savons qu'il faut trouver un compromis entre la rapidité et 
la valeur qui peut en être retirée", a dit Angeloni. 
    "Notre objectif est d'aider les banques à utiliser toutes 
les marges de manoeuvre dont elles disposent pour résoudre le 
problème aussi rapidement que possible." 
    Il a ajouté que le fonds italien de soutien au secteur 
bancaire Atlante, créé récemment pour contribuer à la 
stabilisation du marché bancaire, n'était pas suffisant pour 
répondre à tous les besoins de capitaux nécessaires au rachat 
des créances douteuses aux banques ou pour renforcer leurs fonds 
propres. 
    Il a estimé qu'Atlante devait trouver de nouvelles 
ressources, notamment auprès d'investisseurs privés hors du 
secteur bancaire italien. 
    "Je crois aussi que la présence d'investisseurs 
internationaux serait un bon signe", a-t-il poursuivi.  
    Ignazio Angeloni a réaffirmé qu'à ses yeux, les règles 
européennes en vigueur permettaient aux Etats d'apporter aux 
banques toute l'aide nécessaire sans forcer les actionnaires et 
les créanciers à subir des pertes, à condition que cela permette 
de préserver la stabilité financière. 
    Il a ajouté que les exigences de fonds propres imposées par 
la BCE aux banques, dont dépend le niveau des dividendes, des 
bonus et des coupons versés par ces dernières, allaient diminuer 
par rapport à l'an dernier car une partie de ces exigences 
seront désormais des "orientations" non-contraignantes. 
    "L'incapacité à respecter les orientations ne se traduira 
pas automatiquement par des mesures de supervision", a-t-il 
précisé. 
       
     
 
 (Agnieszka Flak et Francesco Canepa; Marc Angrand pour le 
service français) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant