Angela Merkel réitère son refus de renégocier le pacte européen

le
0
Angela Merkel réitère son refus de renégocier le pacte européen
Angela Merkel réitère son refus de renégocier le pacte européen

BERLIN/PARIS (Reuters) - Angela Merkel, la chancelière allemande, a assuré lundi qu'elle accueillerait le nouveau président français François Hollande "les bras ouverts", tout en réitérant son refus de renégocier le pacte budgétaire européen et sa défiance vis-à-vis d'éventuelles mesures de soutien à la croissance.

De son côté, le vainqueur de l'élection présidentielle française a réaffirmé sa volonté d'engager à l'échelon européen des réformes structurelles aptes à favoriser à la fois l'offre et la demande.

Durant sa campagne, le dirigeant socialiste français avait à maintes reprises dit vouloir engager, en cas de victoire, une renégociation du pacte de rigueur budgétaire conclu l'an dernier par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union, afin d'y adjoindre un volet de soutien à la croissance.

Berlin n'ayant jamais voulu entendre parler d'une telle renégociation, les premières discussions entre le nouveau président et la chancelière constitueront le premier test important pour le nouveau couple franco-allemand.

"Je peux dire que de mon côté, j'accueillerai François Hollande les bras ouverts en Allemagne'", a déclaré Angela Merkel au cours d'une conférence de presse.

François Hollande a annoncé qu'il se rendrait à Berlin dès sa prise de fonctions, prévue le 15 mai. Et dans un entretien au site internet Slate.fr publié lundi, il explique qu'il abordera dès ce premier tête-à-tête avec la chancelière le dossier délicat du soutien à la croissance.

"DEUX FACES D'UNE MÊME MÉDAILLE"

"Nous, en Allemagne, sommes d'avis, et je le suis personnellement, que le pacte budgétaire n'est pas négociable. Il a été négocié et signé par 25 pays", a rappelé Angela Merkel.

"Nous sommes au milieu d'un débat auquel la France, bien sûr, sous l'égide de son nouveau président, apportera son propre ton. Mais nous parlons des deux faces d'une même médaille : le progrès ne peut être réalisé qu'en additionnant des finances solides et de la croissance", a-t-elle poursuivi.

Plus que sur le principe d'un soutien à la croissance, la France et l'Allemagne pourraient donc diverger sur la nature des moyens à déployer.

Pour François Hollande, "l'économie de l'offre n'est pas séparable d'une stimulation plus directe de la demande", a-t-il dit à Slate.fr. "Non pas avec les formules keynésiennes d'autrefois : les moyens ne peuvent être des dépenses publiques supplémentaires, puisque nous voulons les maîtriser, ni des allègements fiscaux, qui nous sont interdits."

Si l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement (BEI), qu'il propose, ne semble pas risquer de rencontrer une forte hostilité dans l'UE, le vainqueur de Nicolas Sarkozy risque de se heurter à un tabou allemand en appelant à la création d'emprunts communautaires.

"L'Europe pourrait enfin décider de lever l'emprunt : c'est tout l'enjeu des 'eurobonds' ou des 'project bonds'", a-t-il dit à Slate.fr en référence à des émissions obligataires susceptibles de financer des projets de grande ampleur à l'échelle de l'UE.

Alexandra Hudson, Stephen Brown, Gareth Jones à Berlin, Jean-Baptiste Vey à Paris, Tangi Salaün et Marc Angrand pour le service français, édité par Natalie Huet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant