Angela Merkel prête au compromis sur le pare-feu financier

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ANGELA MERKEL PRÊTE AU COMPROMIS SUR LE PARE-FEU FINANCIER EUROPÉEN
ANGELA MERKEL PRÊTE AU COMPROMIS SUR LE PARE-FEU FINANCIER EUROPÉEN

BERLIN (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel a laissé entendre pour la première fois lundi que Berlin était prêt à accepter un accroissement des ressources allouées aux fonds de secours de la zone euro, ouvrant la voie au renforcement du pare-feu financier de la région contre la crise de la dette.

S'exprimant lors d'une réunion de la CDU, le parti chrétien-démocrate dont elle est issue, Angela Merkel a dit pouvoir envisager que les deux fonds de secours de la zone euro fonctionnent en parallèle, afin que 500 milliards d'euros de nouvelles ressources soient à tout moment disponibles pour aider si nécessaire les pays les plus fragiles de la région.

La seule manière de parvenir à ce cas de figure sans accélérer les abondements au nouveau fonds permanent de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), consisterait à permettre au fonds existant, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), de continuer à prêter activement jusqu'à la mi-2013, en parallèle du nouveau MES.

Le MES doit devenir opérationnel cet été. Le FESF, créé en urgence en 2010, s'est vu allouer 200 milliards destinés à financer le soutien à la Grèce, au Portugal et à l'Irlande.

"Nous pouvons imaginer que ces 200 milliards d'euros puissent fonctionner en parallèle avec les 500 milliards d'euros du MES jusqu'à ce qu'ils aient été remboursés par les Etats. Cela prendra plusieurs années, puis le MES fonctionnera seul avec les 500 milliards", a dit Angela Merkel.

Berlin est pressé par ses partenaires internationaux d'accepter un rehaussement du pare-feu financier de la zone euro, certains comme la Grande-Bretagne ayant fait savoir qu'il s'agissait là d'une condition sine qua non à tout accroissement, en parallèle, des ressources du Fonds monétaire international.

Dans un entretien publié lundi par le journal finlandais Helsingin Sanomat, Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a déclaré que les Etats européens devraient trouver en fin de semaine un compromis sur l'augmentation de la taille du fonds d'urgence de la zone euro.

Le FESF détient encore autour de 240 milliards d'euros de fonds inutilisés et des sources gouvernementales ont dit à Reuters que Berlin était disposé à accepter que ces fonds restent disponibles après la mise en place du MES à la mi-2012.

Tous les capitaux qui n'auraient pas encore été utilisés par le FESF à la mi-2013 serait annulés, le MES devenant seul en mesure d'accorder de nouveaux prêts, ont précisé ces sources.

Angela Merkel risque toutefois d'avoir du mal à convaincre tous les partis de la coalition de centre-droit au pouvoir en Allemagne d'endosser cette solution, qui se traduirait probablement par une augmentation des garanties accordées par Berlin, à près de 290 milliards d'euros contre 211 milliards jusqu'à présent.

Le chef de file du parti chrétien-social bavarois CSU, Horst Seehofer, a réagi lundi aux propos d'Angela Merkel en disant que tout accroissement au-delà de 211 milliards d'euros serait pour lui une "ligne rouge".

Alexandra Hudson; Benoit Van Overstraeten et Natalie Huet pour le service français, édité par Marc Angrand

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