Angela Merkel minimise la portée d'un QE de la BCE

le
0
ANGELA MERKEL MINIMISE L'IMPACT PROBABLE D'UN PROGRAMME D'ASSOUPLISSEMENT QUANTITATIF DE LA BCE
ANGELA MERKEL MINIMISE L'IMPACT PROBABLE D'UN PROGRAMME D'ASSOUPLISSEMENT QUANTITATIF DE LA BCE

BERLIN/ESCHBORN, Allemagne (Reuters) - La chancelière allemande, Angela Merkel, s'est employée lundi à minimiser l'impact probable du lancement par la Banque centrale européenne d'un plan massif d'achats de titres sur les marchés et celui des élections de dimanche en Grèce, tout en rappelant la nécessité de poursuivre les réformes.

La Banque centrale européenne (BCE) pourrait annoncer jeudi un programme de plusieurs centaines de milliards d'euros de rachats d'obligations d'Etat pour soutenir l'activité et redresser l'inflation dans la zone euro, malgré les réticences de l'Allemagne face à une telle politique dite d'"assouplissement quantitatif" (QE).

Trois jours plus tard, dimanche, des élections législatives anticipées sont organisées en Grèce, où Syriza, formation hostile aux politiques d'austérité, est en tête des intentions de vote.

"Je n'ai qu'une requête (...) et elle s'adresse à tous les représentants de la BCE: il faut éviter qu'une mesure prise par la BCE, dans quelque domaine que ce soit, se traduise par l'impression que ce qui est nécessaire en matière budgétaire et en matière de compétitivité peut être relégué au second plan", a-t-elle déclaré devant un parterre d'homme d'affaires au siège de Deutsche Börse, l'exploitant de la Bourse de Francfort.

Mario Draghi, le président de la BCE, assistait à l'événement.

"La pression en faveur d'une amélioration de la compétitivité en Europe doit être maintenue, sinon rien, je dis bien rien, ne pourra nous aider", a ajouté la chancelière.

Quelques heures auparavant à Berlin, elle avait jugé que cette semaine ne serait pas "décisive" pour l'euro.

"J'ai toujours dit que la crise de l'euro n'était toujours pas complètement surmontée. Cela était valable la semaine dernière, au cours des dernières semaines de 2014 et c'est aussi valable pour les semaines à venir", avait-elle expliqué.

A propos de la Grèce, elle a déclaré que tout était fait pour maintenir Athènes dans la zone euro.

"PAS CONVAINCU"

La Bundesbank, la banque centrale allemande, ne cache pas son opposition à un programme d'achats d'obligations souveraines par la BCE et elle s'emploie à ce qu'il soit accompagné de garde-fous, notamment en matière de partage des risques.

Angela Merkel a assuré que la BCE prendrait sa décision en toute indépendance jeudi.

Le porte-parole de la chancellerie Steffen Seibert a refusé de donner des précisions sur l'entretien qu'ont eu la semaine dernière la chancelière et le président de la BCE, Mario Draghi.

Par ailleurs, un député de la CDU, le parti de la chancelière, Norbert Barthle, porte-parole de son parti au Bundestag pour les affaires budgétaires, a déclaré à Reuters qu'il n'était "pas convaincu de la nécessité d'un programme massif d'achat de dette publique".

"Une solution intelligente consisterait à attendre que les mesures déjà prises fassent déjà sentir leurs effets", a-t-il dit. "La BCE s'attirerait elle-même des ennuis en favorisant les exagérations des marchés financiers par le biais d'un déluge de liquidité excessives."

La Bundesbank considère qu'un QE serait une forme déguisée de financement des Etats par la banque centrale qui ne serait pas sans risque pour le contribuable allemand.

"La principale mission de la BCE était et reste d'assurer la stabilité des prix. Elle devrait garder cela à l'esprit au lieu de prendre de plus en plus souvent des mesures douteuses censées relancer l'économie", a dit Norbert Barthle.

(John O'Donnell, Thomas Atkins et Andreas Rinke; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux