Angela Merkel invite les Italiens à la patience

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Angela Merkel invite les Italiens à la patience
Angela Merkel invite les Italiens à la patience

par Roberto Landucci

ROME (Reuters) - Les difficiles réformes économiques entreprises en Italie ne porteront pas leurs fruits avant plusieurs mois, mais les sacrifices qu'elles impliquent ne seront pas vains, a déclaré mercredi Angela Merkel en visite à Rome.

La chancelière allemande, qui s'adressait à la presse en compagnie de Mario Monti, président du Conseil italien, a rappelé que l'Allemagne en était elle-même passée par là, notamment avec le relèvement de l'âge de la retraite, avant d'assister à la baisse du chômage et à la reprise de la croissance.

"Grâce à cette expérience et à celle de l'Allemagne de l'Est, dont je suis originaire et qui périclitait du fait de son inefficacité économique, je sais que la compétitivité et la capacité à vendre des biens sont seules à même de créer des emplois", a-t-elle expliqué.

Vivement contestées, les réformes du marché du travail mises en oeuvre en Allemagne par le gouvernement social-démocrate de Gerhard Schröder dans le cadre de l'"agenda 2010" ont finalement contribué à la forte baisse du chômage enregistrée depuis. De cinq millions lorsqu'Angela Merkel est arrivée aux affaires en 2005, le nombre de sans-emploi est tombé à 2,8 millions aujourd'hui.

"Pour que le succès se dessine - et il se dessinera aussi en Italie -, il faut un peu plus d'un mois et le point de vue sera alors différent", a promis la chancelière.

MAUVAISE PRESSE

Mario Monti, qui a obtenu le mois dernier l'adoption d'une réforme contestée du code du travail au parlement, doit présenter cette semaine un nouveau plan de réduction des dépenses publiques d'ores et déjà combattu par les syndicats.

"Je ne suis pas convaincu que la réduction des dépenses improductives de l'Etat affecte la croissance. En fait, cela donnera davantage d'opportunités dans l'emploi productif", a-t-il répondu mercredi à un journaliste qui lui demandait si ces nouvelles mesures n'allaient pas alimenter la récession.

Le président du Conseil et la chancelière, qui se sont rencontrés à trois reprises ces deux dernières semaines, ne sont pas rentrés dans le détail de l'accord conclu lors du sommet européen de la semaine dernière.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont accordés sur une supervision commune de leurs banques et des mesures d'urgence pour enrayer la hausse des taux d'intérêt auxquels des Etats-membres doivent emprunter sur les marchés.

Cet accord est une victoire pour les dirigeants italien et espagnol, qui en avaient fait une condition à la signature du pacte de croissance approuvé jeudi par les 27 pays de l'Union européenne.

Mario Monti a reconnu que ses réformes n'avaient "pas très bonne presse" dans son pays, mais a assuré qu'elles étaient appréciées à l'étranger, en particulier par la Commission européenne et le Fonds monétaire international.

Sa réforme du travail, qui facilite les licenciements tout en relevant le coût des contrats à durée déterminée et les indemnités chômage, a été combattue, selon lui, par des syndicats rétifs au changement et par un patronat bien décidé à leur infliger une sévère défaite.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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