Angela Merkel intransigeante sur les euro-obligations

le
17
Angela Merkel intransigeante sur les euro-obligations
Angela Merkel intransigeante sur les euro-obligations

par Noah Barkin et Stephen Brown

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a reproché mercredi à certains de ses partenaires européens de mettre la charrue avant les boeufs en préconisant la création d'euro-obligations pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro avant d'avoir adopté des mesures de contrôle budgétaire plus strictes.

Lors d'une intervention devant le Bundestag, la chancelière allemande a en revanche entrouvert pour la première fois la porte à l'utilisation des recettes d'une éventuelle taxe sur les transactions financières pour soutenir la croissance et la compétitivité des pays européens en difficulté.

A la veille du sommet européen, elle n'a toutefois fait aucune autre concession à ses partenaires qui plaident pour une mutualisation de la dette, critiquant au contraire avec virulence un rapport de responsables européens qui préconise cette solution pour sortir de la crise.

"Je crains que l'on ne parle trop au sommet de ces idées de responsabilité commune et pas assez de l'amélioration des systèmes de contrôle et des mesures structurelles", a déclaré Angela Merkel.

"Les euro-obligations, les euro-bons et le fonds de remboursement ne sont pas seulement anticonstitutionnels en Allemagne, ils sont aussi économiquement erronés et contre-productifs", a-t-elle insisté, répétant un argumentaire désormais bien rodé.

Mardi, la chancelière a déclaré lors d'une réunion à huis clos avec des parlementaires qu'elle ne s'attendait pas à voir une mutualisation de la dette "de son vivant".

Elle n'a pas été aussi loin dans son discours mercredi mais elle a redit que les membres de la zone euro devaient au préalable renoncer à leur souveraineté nationale en matière budgétaire.

"Il ne peut y avoir de responsabilité commune que s'il y a des instruments de contrôle. Je mettrai en avant le fait que ni le gouvernement fédéral allemand et les Länder, ni les Etats-Unis ou le Canada ne mutualisent totalement les obligations qu'ils émettent", a fait valoir Angela Merkel.

Première économie de la zone euro, l'Allemagne subit d'intenses pressions pour adopter des mesures de nature à mettre fin à l'interminable crise de la dette.

"MAÎTRESSE D'ÉCOLE"

La Grèce, l'Irlande et le Portugal ont déjà bénéficié d'un plan de renflouement et l'Espagne et Chypre en ont sollicité un pour leurs banques. Si un autre grand pays en venait à cette extrémité - l'Italie par exemple - les fonds de sauvetage de l'UE seraient rapidement asséchés et la zone euro risquerait l'implosion.

L'intransigeance d'Angela Merkel ne fait pas l'unanimité en Allemagne.

Invité à s'adresser au Bundestag après la chancelière, le chef du groupe parlementaire de l'opposition sociale-démocrate (SPD), Frank-Walter Steinmeier, a reproché à Angela Merkel de se tromper de diagnostic et de se comporter envers ses partenaires "comme une maîtresse d'école".

"Cette crise détruit tout sur son passage en Europe, il n'y a aucune sortie en vue et la crise est maintenant en train de nous rattraper", a-t-il constaté.

L'Allemagne a été confrontée au mois de juin à une série d'indicateurs traduisant un fléchissement de la croissance économique.

Angela Merkel a reconnu que tous les yeux seraient braqués sur elle pendant le sommet, ajoutant qu'elle ne se faisait "aucune illusion" sur les "discussions controversées" qui l'attendaient avec les autres dirigeants européens.

Mais elle a répété que Berlin ne pouvait pas aller plus loin sans que cela n'entraîne des "conséquences imprévisibles" pour l'Allemagne et l'Europe.

L'un des rares points sur lesquels elle semble prête à un compromis est l'affectation des revenus de la taxe sur les transactions financières, qui sera discutée à Bruxelles, qu'une dizaine d'Etats membres de la zone euro voudraient voir introduite l'année prochaine.

Angela Merkel a indiqué qu'elle pouvait envisager que ces revenus servent à soutenir la croissance et la compétitivité des pays en difficulté. Berlin estimait jusqu'alors qu'ils devaient être affectés aux pays où ils avaient été levés.

La chancelière allemande pourrait aussi tendre la main à l'Espagne en acceptant une utilisation plus souple des fonds de sauvetage européens pour permettre une recapitalisation directe des banques espagnoles, ce qui éviterait à Madrid d'avoir à supporter un accroissement de sa dette publique.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M6209603 le mercredi 27 juin 2012 à 18:03

    les Etats n'ont pas les recettes fiscales à venir qui permettraient d'assurer le remboursement de la dette; les ménages pas davantage avec leur salaire. Et les banques n'ont pas les actifs suffisant pour rembourser leurs dettes obligataires.Donc les dettes ne pourront pas être remboursées: trop de dettes et pas assez de revenus futurs.Aussi longtemps qu'une partie des dettes n'est pas effacée, la crise continue.Les

  • M5859377 le mercredi 27 juin 2012 à 17:38

    avec les recettes de M5062559, c'est la paupérisation généralisée: avec la bce proactive, c'est l'expansion assurée: faites votre choix

  • M5062559 le mercredi 27 juin 2012 à 17:35

    Il faut d'urgence une europe politique avec pouvoir de coercition et de prises de contrôle des pays récalcitrants. Il faut diminuer le nombre d'élus, réduire le salaire des fonctionnaires, créer des contrats de travail souples en termes de licenciement, diminuer les charges sociels des entrperises

  • M5859377 le mercredi 27 juin 2012 à 17:32

    la bce a des moyens illimités: de toute façon elle interviendra massivement si la situation se détériore encore: c'est écrit

  • M5062559 le mercredi 27 juin 2012 à 17:31

    La crise est très grave et on vaudrait prendre des mesurettes utiles dans certains cas mesurés comme faire marcher la planche à billet. Nous ne sommes dans un système libéral comme USA pour le faire. Nous sommes en état fasciste et soviétique larvé!

  • M5859377 le mercredi 27 juin 2012 à 17:31

    en période de politique budgétaitre restrictive il faut un politique monétaire accomodante: c'est ds les manuels de premiere année d'économie

  • M7210200 le mercredi 27 juin 2012 à 17:31

    la BCE lol elle est déjà gavée d'actifs pourris avec tous les achats de dettes qu'elle a effectué

  • M5859377 le mercredi 27 juin 2012 à 17:29

    la BCE çA VOUT DIT QQCHOSE?

  • M7210200 le mercredi 27 juin 2012 à 17:29

    quelles solutions? plus de dettes? la mutualisation = chequier allemand. Y'a pas de solution a court terme, recession sera pire que 29 car ils n'ont rien fait en 2007 vos politiciens

  • M5062559 le mercredi 27 juin 2012 à 17:28

    Certains bonimenteurs voudraient nous faire qu'il n'y qu'à faire fonctionner la planche à billets et tout cela orchestrer par la BCE. Mais ce serait alors continuer avec un peu de retard la même politique absurde qui nous conduirait aux faillites déjà vue en argentine, en Russie, ...