Angela Merkel défend sa politique d'accueil des réfugiés

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 (Actualisé avec Steinmeier) 
    FRANCFORT, 29 février (Reuters) - Angela Merkel a défendu 
dimanche sa politique d'accueil des réfugiés et exclu d'imposer 
un quota annuel de demandeurs d'asile malgré les divisions 
suscitées par sa position au sein de son gouvernement. 
    La chancelière allemande a insisté sur le fait qu'il n'y 
avait selon elle pas de "plan B" à l'accord conclu entre l'Union 
européenne et la Turquie pour réduire l'afflux de migrants. 
    "Parfois, moi aussi je désespère. Certaines choses vont trop 
lentement. Il y a beaucoup d'intérêts contradictoires en Europe. 
Mais il est de mon devoir de tout faire pour que l'Europe 
apporte une réponse collective", a-t-elle déclaré à la chaîne de 
télévision ARD. 
    La chancelière s'est dite déterminée à garder la porte 
ouverte pour les réfugiés qui veulent se rendre en Allemagne, 
malgré les réticences croissantes dans son propre camp. 
    "Il y a tellement de violence et de souffrances à notre 
porte. Qu'est-ce qui est bon pour l'Allemagne à long terme ? Je 
crois que c'est préserver l'unité de l'Europe et montrer notre 
humanité", a-t-elle expliqué. 
    De moins en moins populaire dans son pays, qui a accueilli 
1,1 million de demandeurs d'asile l'an dernier, Angela Merkel 
espère que les discussions programmées entre les dirigeants 
européens et la Turquie le 7 mars, puis le sommet européen sur 
l'immigration des 18-19 mars permettront de sortir l'Europe de 
l'impasse et de la course au rétablissement des contrôles aux 
frontières. 
    Commentant la décision de l'Autriche d'imposer un plafond au 
nombre de demandeurs d'asile qui peuvent entrer chaque jour sur 
son territoire, la chancelière a répondu à ceux qui, au sein de 
son propre parti, l'incitent à faire de même. 
    "Il n'y a aucune raison de croire que je pourrais résoudre 
le problème en fermant unilatéralement les frontières", a-t-elle 
insisté.  
    Son ministre des Affaires étrangères a quant à lui invité 
les Etats membres de l'UE à se serrer les coudes face à la crise 
migratoire plutôt qu'à s'affronter.  
    "Nous devons nous battre pour l'Europe. Il faut cesser de 
nous faire des reproches. Nous devons au contraire unir nos 
forces et coopérer pour trouver une solution européenne à la 
crise des réfugiés. C'est le seul moyen pour l'Europe de sortir 
plus forte de cette crise", dit Frank-Walter Steinmeier dans un 
entretien accordé au quotidien grec Ta Nea. 
     L'Autriche a organisé mercredi à Vienne une réunion des 
pays de la "route des Balkans" empruntée par les migrants sans 
inviter la Grèce, leur premier point d'entrée, ce qui a amené 
Athènes à convoquer l'ambassadeur autrichien.   
 
 (John O'Donnell; Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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  • 445566ZM il y a 9 mois

    L'Europe et madame Merkel souffrent d'une maladie appelée "dédoublement de personnalité". D'un coté elles sauvent des réfugies clandestins, presque sur les plages turques et lybiennes, et de l'autre coté elles savent qu'il est impossible d'assurer un hébergement que ces réfugiés attendent, sans mécontenter le peuple.