André Comte-Sponville : «Le docteur n'est pas un dieu»

le , mis à jour à 08:49
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André Comte-Sponville : «Le docteur n'est pas un dieu»
André Comte-Sponville : «Le docteur n'est pas un dieu»

La santé arrive en tête de nos sujets de préoccupation. Gros consommateurs de médicaments, les Français sont avides d'informations et d'échanges sur le sujet. Cet engouement a poussé 800 personnes à se précipiter l'an dernier à la première journée S3Odéon (pour sciences santé et société). Samedi, le Théâtre parisien de l'Odéon se muera une nouvelle fois en scène scientifique (lire ci-dessous).

 

En sept minutes chrono, chercheurs et médecins feront le point sur les avancées les plus bluffantes dans leur domaine respectif. Parmi ces 33 intervenants, le philosophe André Comte-Sponville, membre du Comité consultatif national d'éthique, s'interrogera : et si la médecine envahissait un peu trop nos vies ?

 

 

Pourquoi la santé tient-elle tant de place dans nos vies ?

ANDRÉ COMTE-SPONVILLE. Les avancées de la science y sont pour beaucoup. C'est aussi un effet de la laïcisation de notre société. L'essentiel n'est plus de se préoccuper de la vie après la mort mais de notre vie ici-bas. Les progrès médicaux ont fortifié cette tendance.

 

En quoi est-ce un problème ?

La place de la médecine dans nos vies croissant proportionnellement à ses progrès, on finit par lui demander des choses qui ne sont pas de son ressort. Le bonheur, par exemple. Voltaire a le premier formulé le problème en une boutade : « J'ai décidé d'être heureux, parce que c'est bon pour la santé. » En un clin d'œil, il balaye vingt-cinq siècles au cours desquels on croyait, à l'inverse, que la santé était un moyen d'atteindre le bonheur. Aujourd'hui, beaucoup demandent le bonheur à leurs médecins. Voilà comment la France se retrouve l'une des plus grosses consommatrices de psychotropes tandis que la moitié des dépressions ne sont pas soignées.

 

Nos vies sont-elles surmédicalisées ?

Certains pans le sont sans doute. Avec les psychotropes, conçus pour aider à retrouver une « humeur normale ». Je ...

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  • M140210 il y a 3 mois

    Mains mise des laboratoires sur les discours officiels, sans aucun doute.