Ancelotti ne prie pas San Iker

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Ancelotti ne prie pas San Iker
Ancelotti ne prie pas San Iker

On peut faire partie des meilleurs gardiens du monde, garder la cage pendant une décennie d'un des plus grands clubs du monde, empiler les titres au sein de la sélection souveraine sur le football mondial et devoir se contenter du banc de touche, avec toutes les caméras braquées sur ses moindres faits et gestes. Pour le moment, la principale révolution de Carlo Ancelotti au Real Madrid n'en est pas une. Il a simplement validé le choix fait avant lui par Jose Mourinho : écarter du onze madridiste le capitaine emblématique du club, accessoirement figure de proue de l'équipementier de l'équipe. Une décision surprenante qui montre bien que sous son air bonhomme, l'entraîneur italien n'entend pas se faire dicter la conduite de la Casa Blanca par personne. Et tant pis si la presse, certains joueurs ou même le public, militent pour le retour de San Iker dans le but du Real. Le patron, c'est lui.

Un choix politique plus que sportif

Iker Casillas est donc remplaçant de Diego Lopez depuis deux matchs de Liga sous l'ère Ancelotti. Le nouveau staff, qui inclut l'homme qui a découvert Gigi Buffon et fait exploser en son temps Dida en Italie, a donc décidé que le meilleur depuis l'arrivée de Carletto était bien l'obscur Diego Lopez et non le brillant Iker Casillas. Villiam Vecchi, 65 ans, ancien gardien du Milan AC a sans doute délivré un bilan technique favorable à Diego Lopez. Mais Iker Casillas paie peut-être aussi son statut. Dans l'un des vestiaires les plus compliqués du monde, le plus politique peut-être, Casillas a souvent fait figure de chef des Espagnols, capables de faire ou de défaire le vestiaire (et les entraîneurs) à leur convenance. L'an passé, Casillas était défavorable à Mourinho. Sa compagne, journaliste, avait également fait état du caractère égoïste de Cristiano Ronaldo. Au-delà de l'aspect sportif, maintenir Casillas sur le banc permet à Ancelotti de montrer qu'il a lui seul les clés du vestiaire.

Un choix à faire à un an de la Coupe du Monde

Ancelotti, qui se refuse à détailler les raisons de son choix, se contentant d'une langue de bois maligne, prend un petit risque en faisant ce choix. Mais comme Diego Lopez est Espagnol et pas étranger, le risque est mesuré : les autres Espagnols du vestiaire ne devraient pas s'opposer de façon grégaire au concurrent de Casillas, comme ils avaient pu par le passé protester contre l'arrivée de Ronaldo qui avait poussé dehors l'ami Morientes. Reste maintenant à voir ce que le champion du monde va faire : en recroisant lors du Trophée Bernabeu Raul Gonzalez, dernier taulier que le club n'avait pas conservé sans doute à cause de son pouvoir dans le vestiaire, Casillas a pu constater que le club n'oubliait pas ses anciens, même partis en catimini. Mais il a surtout pu noter que même Raul avait été poussé en son temps vers la sortie pour le bien du club. A moins d'un an d'un Mondial qui devrait être son dernier sous le maillot Sang et Or, Iker Casillas doit se décider : rester et regagner sa place ou partir. Un choix cornélien pour l'enfant de Mosteles, l'un des quartiers populaires de la banlieue madrilène.

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