Anaxis AM: "Rentrée 2012, le marché du crédit a fait parler de lui"

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La période estivale a été marquée par une reprise de confiance de la part des investisseurs. Après la baisse du principal taux directeur de la BCE de 25 bp à 0,75% en juillet et la réaffirmation de son président en août, Mario Draghi, de soutenir les pays européens en difficulté, les investisseurs ont été davantage rassurés d'une sortie de crise de la Zone Euro.

Cependant, en y regardant de plus près, un regain de tension s'est opéré vers la fin du mois d'août sur les marchés. L'aide de la BCE aux pays européens en difficulté ne pourra se faire qu'à la condition que ceux-ci fassent appel au FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) ce qui a pour conséquence une perte de souveraineté pour ces pays. Le problème est donc devenu politique d'autant plus que pour ce faire, les pays du Nord de l'Europe ont du accepter que la BCE intervienne directement sur le marché  secondaire des dettes de ces pays afin de détendre leurs taux d'emprunt. Enfin, la BCE a revu à la baisse et de façon importante ses prévisions de croissance pour l'Europe.

Cette révision va effectivement de paire avec des chiffres macroéconomiques décevants tels que le repli du PIB de la Zone Euro au Q2 (-0,2% en variation trimestrielle) et du Royaume-Uni (-0,5%). L'activité recule pour le septième mois consécutif dans le secteur privé de l'Eurozone en août, l'indice PMI final composite de l'activité globale se replie de 46,5 en juillet à 46,3, en dessous de son estimation flash (46,6).  Dans le seul secteur des services, l'indice final recule à 47,2 le mois dernier (47,9 en juillet, estimation flash à 47,5).

Il en va de même sur la plupart des continents avec une décélération observée pour les pays émergents. Le taux de croissance chinois, moteur habituel de la croissance mondiale et surtout de ses homologues asiatiques s'établit à +7,6% en glissement annuel, marquant un nouveau ralentissement. Les relances monétaires effectuées au Brésil avec des taux directeurs sur des plus bas historiques et en Inde avec des taux réels très négatifs n'auront pas suffi à dynamiser l'activité. La croissance du PIB en Inde s'établit à +3,9% sur un an et +0,5% pour le Brésil, niveaux jamais atteints depuis 2008.

Ainsi dans un contexte d'incertitude venant de la part des émergents et de la crise de la Zone Euro, les perspectives de croissance des Etats-Unis s'amenuisent pour les prochains trimestres (PIB Q2 décevant en décélération par rapport au premier trimestre, infléchissement de l'investissement, commerce extérieur en légère  hausse mais des stocks qui diminuent, dépenses publiques en hausse pour le huitième trimestre consécutif et ralentissement de la consommation dont les résultats sont les plus mauvais depuis un an). Enfin, même si le président de la FED, Ben Bernanke, a défendu son nouveau plan d'assouplissement monétaire dans un but de soutenir l'économie de son pays, les chiffres de l'emploi ne sont pas rassurants avec une hausse des nouvelles revendications hebdomadaires au chômage.

Sur les marchés, en réaction aux nouvelles de cet été, les actions ont d'abord eu une tendance haussière avec une baisse marquée de la volatilité, puis un regain de tension après les déceptions sur les espoirs d'intervention à court terme de la BCE et de la FED.

Enfin, le phénomène de cette rentrée sera sans doute l'attrait des investisseurs pour les obligations d'entreprises. L'annonce du nouveau programme de la BCE, début septembre a eu pour conséquence un regain d'optimisme sur le marché du crédit et des émissions primaires en masse. Les émetteurs notés « High Yield » profitent également de cet engouement, trouvant ainsi des investisseurs recherchant des titres plus rémunérateurs que les dettes souveraines.

Geoffroy Donatien
Anaxis Asset Management
 

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