Anaxis AM: Interview de Pierre Giai-Levra, CIO du groupe Anaxis - Sommet Européen : Une nouvelle impulsion

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Réunis à Bruxelles depuis jeudi, les dirigeants européens sont parvenus à un accord sur les mesures à prendre pour faire face à la crise. Pierre Giai-Levra partage son analyse des décisions issues du sommet européen de Bruxelles.

Comment évaluez-vous le résultat du sommet de l'UE ?

L'issue de la réunion du Conseil européen de jeudi est très positive. Bien des incertitudes demeurent concernant les modalités pratiques de mise en œuvre du Mécanisme européen de stabilité. Cependant, l'accord intervenu à la surprise générale confirme l'engagement de l'Allemagne pour l'euro et sa solidarité envers ses partenaires européens. Il s'agit d'un pas significatif vers une Europe plus intégrée et plus solide.

Quels en sont les principaux aboutissements ? En quoi est-ce un progrès ?

Plutôt que d'un aboutissement, je parlerais d'une nouvelle impulsion. Des blocages ont sauté, des concessions réciproques ont été faites avec la volonté de renforcer l'Europe. Les principaux résultats obtenus sont le lancement d'une unification bancaire de la zone euro sous la supervision de la Banque Centrale Européenne, la possibilité pour le MES de soutenir directement les banques (notamment espagnoles), l'assouplissement des possibilités d'intervention des fonds de secours auprès des états endettés et les pactes pour la croissance.

Sommes-nous en plein remaniement ?

Oui. L'Europe vit une mutation historique dans le domaine des marchés, des finances publiques, de la régulation, de l'intégration politique. Elle sortira profondément transformée de la crise. On peut regretter que cette transformation se fasse dans l'urgence et la douleur. Mais n'oublions pas que l'Union européenne est née d'une réponse politique aux souffrances de la guerre. Avec le temps, la dynamique s'est essoufflée. L'Europe était devenue une machine technocratique sans vision et sans ambition. Elle redevient un formidable espoir pour le continent. Son absolue nécessité s'impose de nouveau.

Quel en est l'impact possible sur les actifs à risques ?

Il y a toujours eu en Europe une place pour des investissements fondés sur une analyse sérieuse des sociétés et de leur environnement. La spéculation à court terme en fonction des annonces politiques ou les paris sur la fin de l'Europe sont des jeux dangereux. Nous privilégions les stratégies claires et patientes prenant des risques modérés et diversifiés. Notre approche n'a pas changé. Nos portefeuilles non plus. Placer son argent en fonction des gros titres des journaux serait une grave erreur.

Quelles sont vos recommandations en termes d'allocation d'actif ?

Il n'existe pas d'allocation idéale. La réponse dépend de la situation de chacun et doit reposer sur une évaluation réaliste des risques. Les risques financiers sont souvent sous-estimés. La capacité des investisseurs à les assumer, aussi. Cela dit, la dette d'entreprise nous paraît un secteur attractif dans le sens où le risque de crédit est bien rémunéré. Alors que les banques prêtent plus difficilement, les entreprises se tournent vers le marché pour trouver les moyens nécessaires à leur développement. Par ailleurs il est possible de construire différents profils de portefeuilles en fonction des besoins. C'est pourquoi, en tant que gérant, nous avons privilégions ce secteur. Mais pour nous, acheter une obligation, c'est vouloir financer un projet industriel sur plusieurs années. Et non pas spéculer sur l'évolution des spreads de crédit…

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