ANALYSE-Mario Draghi peut mener la BCE en territoire inconnu

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LA BCE POURRAIT ENVISAGER DES MESURES NON-CONVENTIONNELLES POUR RÉSOUDRE LA CRISE
LA BCE POURRAIT ENVISAGER DES MESURES NON-CONVENTIONNELLES POUR RÉSOUDRE LA CRISE

par Paul Carrel et Eva Kuehnen

FRANCFORT (Reuters) - Même si les marchés financiers ont réagi par un très net repli aux déclarations de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), ce dernier entraîne l'institution de Francfort en territoire largement inconnu.

L'Italien a beau avoir truffé les nouvelles "directives" de la BCE de conditions et de mises en garde, il a ouvert la porte à une politique monétaire qui pourrait même aller jusqu'à de l'assouplissement quantitatif, un pas que la BCE se refusait à faire jusqu'ici.

Les Bourses européennes ont fini en forte baisse, les investisseurs se montrant déçus de l'absence toute mesure immédiate de la BCE pour endiguer la crise de la dette de la zone euro, surtout après que Mario Draghi avait dit la semaine dernière ferait "tout ce qui nécessaire" pour préserver l'euro.

La marge de manoeuvre de Mario Draghi est cependant limitée par la Bundesbank allemande, que le président de la BCE a d'ailleurs désigné comme étant la seule opposée aux nouvelles mesures envisagée par envisagées par la Banque centrale européenne.

De fait de l'opposition de la Bundesbank, la BCE se prépare pour l'instant à ne racheter que des obligations souveraines italiennes et espagnoles sur le marché et elle ne le fera qu'une fois que les gouvernements de la zone euro auront permis aux fonds de sauvetage de la région de faire de même.

Même si la BCE ne prend aucune mesure immédiate, Holger Schmieding, économiste chez Berenberg Bank, estime que, tout bien considéré, Mario Draghi n'a pas manqué à ses promesses faites la semaine dernière.

"Quelle que soit la réaction des marchés, l'annonce de la BCE aujourd'hui représente un sérieux pas en avant. Cette fois, la BCE s'est explicitement engagée à faire ce qu'il fallait pour atteindre son objectif", a-t-il dit.

NOUVELLE HAUSSE DES RENDEMENTS ESPAGNOL ET ITALIEN

En écho au recul des Bourses européennes, les coûts d'emprunt de l'Espagne sont repartis en vive hausse jeudi, repassant la barre de 7%, en l'absence de mesures immédiates de lutte contre la crise de la dette de la zone euro lors de la conférence de presse de Mario Draghi.

Le rendement des obligations espagnoles à dix ans a augmenté de 48,6 points de base, à 7,22%. Le rendement de l'emprunt italien à dix ans s'est inscrit en hausse de 40,8 points de base, à 6,34%.

Après les propos du président de la BCE de la semaine dernière, ces rendements avaient au contraire nettement reculé, l'italien repassant sous les 6% et l'espagnol se rapprochant des 6%.

La BCE a pourtant déclaré qu'elle pourrait envisager d'autres mesures "non-conventionnelles" pour résoudre la crise de la dette, laissant entendre qu'elle pourrait glisser vers de l'assouplissement quantitatif - ce qui revient à faire tourner le planche à billets - en ne stérilisant pas toutes les liquidités qu'elle consacre à l'achat d'obligations.

Selon Barclays Capital, ces remarques "constituent un signal sans équivoque suggérant que la BCE est prête à modifier sensiblement sa politique monétaire lors de sa réunion de septembre (...)".

Une enquête publiée jeudi par Reuters montre la BCE commencera vraisemblablement à acheter des obligations souveraines italiennes et espagnoles en septembre, mois au cours duquel la BCE est également susceptible de ramener son taux de refinancement à un plus bas record de 0,5%.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Cyril Altmeyer

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  • lelis le vendredi 3 aout 2012 à 00:30

    Faudrait se relire un peu, là, Mr Van Overstraeten..

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