Analyse AOF clôture France/Europe - L'euro plombe les marchés actions

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(AOF) - En forte hausse après l’annonce des décisions de la BCE, les marchés européens ont fini en repli, lestés par la nette progression de l’euro. Il a gagné 1,7%, Mario Draghi ayant déclaré qu'il n'anticipait pas, pour l'instant, une réduction supplémentaire des taux d'intérêt. Les mesures précédemment annoncées, notamment une augmentation de 20 milliards d’euros des rachats d’actifs mensuels, étaient pourtant plus importante qu’anticipé. L’indice CAC 40 a clôturé en repli de 1,70% à 4 350,35 points et l’EuroStoxx 50 a perdu 1,51% à 2 970,78 points.

En Allemagne, le titre Hugo Boss progresse de 2,38% à 55,49 euros après la publication de résultats annuels et prévisions 2016 sans surprise. Logique puisque le groupe allemand de confection avait déjà dévoilé ses chiffres 2015 le 15 janvier dernier. Ce n'est donc pas tant les résultats que la présentation de la nouvelle stratégie du groupe qui est saluée aujourd'hui. Confronté au ralentissement plus marqué que prévu de ses ventes en Chine et aux Etats-Unis, Hugo Boss a annoncé une baisse de ses investissements. Fini le développement des boutiques à son nom. L'heure est désormais aux économies.

A Paris, Lagardère (-13,27% à 22,705 euros) a signé la plus forte baisse du SBF 120 alors que plusieurs analystes s'inquiètent du départ du directeur financier. Ainsi, Oddo a dégradé sa recommandation d'Achat à Neutre sur le titre estimant que cette évolution du management génère des incertitudes et pèsent sur l'action Lagardère. De son côté, Barclays a également abaissé sa recommandation, de Surpondérer à Pondérer en ligne. Le broker observe que les titres des groupes de médias européens ont historiquement sousperformé l'indice sectoriel DJ Stoxx 600 après des changements de direction.

Carrefour (-6,53% à 23,68 euros) a affiché une des plus fortes baisses du CAC 40 après avoir annoncé un dividende et des résultats inférieurs aux attentes. Ainsi, le distributeur prévoit de verser 70 cents par action à ses actionnaires, en numéraire ou en titres, au titre de son exercice 2015, soit une hausse de près de 3% par rapport à 2014. Les opérateurs espéraient que le groupe se montrerait un peu plus généreux avec un dividende de 73 cents.

Les chiffres macroéconomiques du jour

Si la banque centrale a, comme attendu, réduit de 10 points de base son taux de dépôt, qui passe à -0,4%, elle a en revanche pris par surprise les économistes en annonçant une baisse de son taux de refinancement de 5 points de base à 0%.

Cette baisse des taux s'accompagne d'une augmentation de ses rachats d'actifs de 20 milliards d'euros, à 80 milliards à partir du mois d'avril, contre un consensus de +10 milliards d'euros. Les obligations émises par des entreprises non bancaires de la zone euro sont de plus nouvellement éligibles à ces rachats.

Les banques, dont la rentabilité est sous pression en raison de la faiblesse des taux d'intérêt, n'ont pas été oubliées. L'institution présidée par Mario Draghi va lancer quatre nouvelles opérations de refinancement à long terme (TLTRO) d'une maturité de 4 ans à partir de juin.

Ces opérations se feront au taux de refinancement, tombé aujourd'hui à 0%, mais les banques qui y participeront pourront bénéficier de réductions en fonction du montant des prêts consentis.

La production industrielle a rebondi de 1,3% en janvier après avoir reculé de 0,6% en décembre, a annoncé l’Insee. Cette hausse est supérieure au consensus Reuters de +0,8%. La seule industrie manufacturière a connu une hausse de 0,8% de sa production, qui était stable en décembre.

259 000 nouvelles inscriptions au chômage ont été comptabilisées aux États-Unis, la semaine dernière. Les économistes tablaient sur 275 000 après 277 000 la semaine précédente, chiffre révisé de 278 000.

A la clôture, l'euro gagne 1,71% à 1,1186 dollar.

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