Anaïs Bohuon : "La testostérone ne fait pas gagner les matchs"

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Anaïs Bohuon : "La testostérone ne fait pas gagner les matchs"
Anaïs Bohuon : "La testostérone ne fait pas gagner les matchs"

Alors que la Coupe du monde féminine bat son plein, la FIFA continue de proposer un règlement arbitraire afin de prouver que ses footballeuses sont bien des femmes. Anaïs Bohuon, socio-historienne du sport et auteur du livre Le Test de féminité dans les compétitions sportives. Une histoire classée X ?, nous renseigne sur la question.

Vous qui avez enquêté sur le sujet, quelle est l'histoire de ces fameux tests de féminité ? Tout a commencé dans les années 60, quand on s'inquiétait des records et des corps masculins de certaines épreuves sportives. La Fédération internationale d'athlétisme a décidé de mettre en place des tests de féminité en 1966 aux championnats d'Europe de Budapest. Ces premiers tests étaient morphologiques et gynécologiques. Les athlètes devaient passer devant trois gynécologues, montrer leur organes génitaux pour prouver le fait qu'elles étaient bien de "vraies femmes". Ensuite, elles devaient procéder à des épreuves de force pour évaluer leur capacités respiratoires et leur puissance musculaire. En 1968, ces tests ont été remplacés, car l'opinion publique, certaines équipes et athlètes ont jugé cela humiliant. Le CIO penche alors pour un test dit "chromosomique " afin de s'assurer que les femmes soient bien XX. Ensuite, dans les années 90, on a cherché à trouver le Y et non le X. Ce qui fait qu'on s'est concentré sur des caractéristiques physiques proches des hommes. Le problème, c'est qu'on a découvert l'intersexualité. Que faire alors des filles qui sont XXY ? Du coup, dès 2000, le CIO a interdit cette méthode, mais plusieurs instances sportives se sont réservé le droit, après quelques soupçons visuels, d'évaluer le taux de testostérone des sportives. Ce sont des tests hormonaux, et la FIFA procède comme ça depuis juin 2011. Elle établit arbitrairement le taux de testostérone qu'une joueuse de foot devrait avoir pour "être une femme". Depuis, on accuse différents pays de présenter sur le terrain des hommes alors qu'il s'agissait d'individus inter-sexe...
Donc ce test n'est pas vraiment fiable... Non, il n'est pas fiable du tout. On est face à des variations quantitatives, c'est ce que tous les scientifiques disent. Parfois, la différence de testostérone va être plus grande entre deux hommes qu'entre un homme et une femme. Ça, c'est la première idée. La deuxième, c'est qu'aucune étude scientifique n'atteste que la testostérone est la molécule maîtresse de la réussite d'un athlète ou d'une athlète. Ce n'est pas parce qu'on produit un taux de testostérone supérieur à la moyenne que l'on va nécessairement briller sur les pelouses. La troisième idée, c'est qu'on est en présence de taux qui…

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