ANA veut être compensé en numéraire, non en rabais, pour le 787

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ANA SOUHAITE UNE COMPENSATION EN NUMÉRAIRE POUR LES PERTES OCCASIONNÉES PAR LE 787
ANA SOUHAITE UNE COMPENSATION EN NUMÉRAIRE POUR LES PERTES OCCASIONNÉES PAR LE 787

par Tim Kelly et Kentaro Sugiyama

TOKYO (Reuters) - All Nippon Airways (ANA), plus important client du Boeing 787 "Dreamliner", veut que l'avionneur américain lui verse une compensation en numéraire pour les pertes occasionnées par l'immobilisation au sol de l'appareil, rejetant l'option de rabais sur l'achat de prochains avions, a dit une source mercredi.

"ANA préfèrerait avoir du cash", a précisé cette source, au fait des projets de la compagnie aérienne japonaise, ajoutant que les discussions avec Boeing au sujet des compensations n'avaient pas encore commencé.

Voilà deux mois que les autorités de régulation dans le monde ont cloué au sol les 50 Dreamliners en circulation après deux accidents liés à ses batteries lithium-ion, l'un à l'aéroport de Boston, l'autre au cours d'un vol au Japon au mois de janvier.

ANA exploite 17 de ces appareils et la compagnie a déjà annulé plus de 3.600 vols jusque fin mai.

Vendredi dernier, Boeing a annoncé que ses 787 pourraient à nouveau voler "dans quelques semaines" après que le constructeur aéronautique a présenté pour la première fois en détail sa solution au problème de batterie.

Ceci étant dit, dans le cadre d'un entretien accordé lundi à Reuters, le vice-président d'ANA Osamu Shinobe a déclaré que l'objectif de Boeing de voir 787 voler à nouveau dans quelques semaines était un scénario optimal.

Un porte-parole d'ANA a déclaré que "rien n'avait été décidé au sujet des négociations à venir avec Boeing".

PAS D'OBLIGATION DE COMPENSER LA PERTE D'ACTIVITÉ

Le groupe américain n'a pas encore dit s'il compenserait ses clients pour les pertes de revenus occasionnées par l'immobilisation au sol des 787.

Et, le cas échéant, Boeing n'a pas non plus dit comment il compenserait les compagnies aériennes ni à quelle hauteur.

Si le constructeur parvenait à convaincre ses clients d'accepter des rabais sur de futurs achats d'avions, cela permettrait d'étaler dans le temps le coût des dédommagements.

Interrogé à ce sujet, un porte-parole de Boeing a refusé de le commenter. "Nous sommes exclusivement focalisés sur le retour au service des appareils. C'est ce que veulent nos clients et nous y travaillons sans relâche", a-t-il dit.

En raison du retard de trois ans qui a affecté la mise en service du Dreamliner, Boeing a vraisemblablement déjà versé des milliards de dollars d'indemnisations.

Les compagnies aériennes se voient traditionnellement proposer une garantie par Boeing pour le 787. Si cette garantie couvre les réparations, elle n'oblige pas l'avionneur à compenser l'activité perdue de ses clients.

Lorsque des fissures étaient apparues dans les ailes de son A380 au début de l'année dernière, Airbus, le principal concurrent de Boeing, avait dit qu'il prenait en charge les réparations couvertes par les garanties, tout en disant qu'il ne paierait pas pour les pertes opérationnelles générées par le problème.

Mais les experts du secteur sont d'avis que l'avionneur européen a par la suite cédé aux pressions de ses clients et mis la main au portefeuille.

Tim Clark, directeur général d'Emirates, premier exploitant d'A380, n'a pas directement évoqué le cas des compensations, tout en disant à des journalistes au cours du mois qu'Airbus avait " pris la mesure des perturbations commerciales" provoquées par le problème des fissures.

Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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