Amundi continuera d'acheter de la dette française

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PARIS (Reuters) - Amundi Asset Management continuera d'acheter des obligations d'Etat françaises malgré la menace qui pèse sur la note de crédit "AAA" de la France, a déclaré mercredi son responsable mondial des gestions taux, Eric Brard.

De son côté, Pascal Blanqué, directeur de la gestion, a indiqué qu'Amundi abordait 2012 avec une aussi grande prudence sur les actifs risqués qu'en cette fin d'année dans un environnement où, a-t-il dit, "les piliers traditionnels de l'allocation d'actifs sont ébranlés".

"Un certain nombre de repères s'effacent (...). Les obligations d'Etat ne sont plus des actifs sans risque", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, la crise de la dette ayant pénalisé les instruments émis par les Etats.

Eric Brard a souligné qu'il y avait un risque effectif de dégradation du "AAA" de la France mais a ajouté que "le passage de triple A à double A ne changera fondamentalement les choses".

"Ce qui compte c'est la capacité de réduire les déficits sans étouffer la croissance et la France a cette capacité", a-t-il dit en précisant qu'Amundi, un des plus gros détenteurs de titres de dette française, continuera à en acheter.

"Un taux de l'OAT à dix ans à 3,3% c'est pas mal", a souligné Eric Brard pour souligner que Paris continue de se financer à de bonnes conditions.

Philippe Ithurbide, directeur de la recherche, a estimé que l'Allemagne ne devrait pas perdre son triple A et bénéficiera en 2012 d'une croissance de 0,8% alors qu'il table sur croissance nulle en zone euro et en France.

Le scénario central d'Amundi pour la zone euro joue l'apaisement avec l'adoption dans les mois qui viennent d'un plan crédible de résolution de la crise.

DÉFICITS À L'OUEST, ÉPARGNE À L'EST

Il a évoqué toutefois deux autres scénarios : l'enlisement avec poursuite de la contagion à d'autres pays de la zone euro, l'aggravation de la situation des banques qui se traduit par un "credit crunch" et in fine une "récession lourde"; et l'éclatement de la zone euro, dont la probabilité est très faible.

Pascal Blanqué a souligné que la structure de l'épargne avait changé suivant ainsi le basculement de l'économie mondiale. "Les déficits sont à l'Ouest, l'épargne est à l'Est" et cette épargne se porte sur les obligations d'Etat, ce qui contribue au maintien de taux très bas aux Etats-Unis, et en Allemagne.

Dans un contexte de croissance faible aux Etats-Unis, nulle en zone euro, et de crise de la dette, deux thématiques sont retenues, a dit Pascal Blanqué, "préservation du capital et la recherche de rendement".

Philippe Ithurbide a indiqué qu'Amundi était surpondéré en cash (monétaire), sous-pondéré sur les actifs risqués, à commencer par les actions puis sur le crédit corporate non financier qui est surpondéré à l'intérieur de la poche obligataire.

Les actions sont sous-pondérées.

"Les marchés actions vont rester très volatils et difficilement valorisables dans les mois à venir", a dit Romain Boscher, directeur des gestions actions qui préconise de raisonner en performance "absolue" .

Il prévoit une poursuite de la crise de confiance sur les marchés actions, une stagnation des profits et une prime de risque élevée, et préconise une exposition aux marchés émergents, notamment via des entreprises occidentales, et aux secteurs des matières premières, notamment l'agriculture et l'énergie. Il écarte toujours les financières.

Raoul Sachs, édité par Cyril Altmeyer

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