Amorce de dialogue au Pakistan après une semaine de manifestations

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ISLAMABAD, 21 août (Reuters) - Les chefs de file des deux mouvements de contestation pakistanais ont entamé jeudi des discussions avec les représentants du gouvernement de Nawaz Sharif sous la pression de leurs partisans, massés devant le siège du Parlement à Islamabad. Imran Khan, ancienne star du cricket, le sport national pakistanais, aujourd'hui à la tête du Parti pour la justice (PTI, troisième force politique du parlement), et Tahir ul-Qadri, un prédicateur religieux longtemps exilé au Canada, exigent tous deux la démission de Sharif. Ils jugent que l'actuel chef de gouvernement a truqué les élections de mai 2013, qui ont permis son retour au pouvoir, quatorze ans après en avoir été évincé par un coup d'Etat. Khan et Qadri dénoncent également la corruption de l'exécutif. Le dialogue amorcé avec le gouvernement vise à trouver une solution à la crise et à mettre fin aux manifestations en cours depuis une semaine dans la capitale. "Les discussions sont en cours, nous progressons", a annoncé Ahsan Iqbal, un élu de la Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), le parti du Premier ministre. L'information a été confirmée par un porte-parole de Qadri, dont le réseau d'influence passe par les centaines d'écoles et d'organisations caritatives que dirige ce prédicateur religieux, revenu d'exil en juin. Quelque 2.000 manifestants se trouvaient jeudi sur la route principale menant au Parlement. Le double mouvement de protestation suscite des inquiétudes sur la stabilité du Pakistan à un moment particulièrement sensible: alors qu'Islamabad combat les insurgés taliban pakistanais, l'Otan prépare elle le retrait des troupe de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) en Afghanistan voisine. Il serait alimenté en sous-main par des membres de l'armée, affirment certains dirigeants de la Ligue musulmane de Sharif. L'état-major, qui se défend de toute velléité politique, a en revanche appelé mardi partisans et opposants de Sharif à engager des discussions. Dans un discours prononcé mercredi devant plusieurs milliers de ses partisans, Imran Khan a annoncé qu'il ne lèverait pas la contestation tant que Sharif se maintiendrait au pouvoir mais a finalement renoncé à marcher sur la résidence du Premier ministre. "Je pense que son coeur est déjà fragile. Si je demandais à mes partisans de marcher dans cette direction, il ferait une crise cardiaque. Je ne le ferai pas", a dit le chef du Tehreek-e-Insaf. (Mehreen Zahra-Malik et Katharine Houreld; Henri-Pierre André pour le service français)

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