Amnistie générale dans le scandale des écoutes en Macédoine

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 (Actualisé avec réaction de l'opposition, contexte) 
    SKOPJE, 12 avril (Reuters) - Le président macédonien Gjorge 
Ivanov a décrété mardi une amnistie générale dans le scandale 
des écoutes téléphoniques à l'origine d'une grave crise 
politique, provoquant l'indignation de l'opposition. 
    "J'ai décidé de mettre un terme à cette agonie de la 
Macédoine", a-t-il dit à la presse. 
    En vertu du décret pris mardi, toutes les enquêtes et toutes 
les poursuites judiciaires liées à cette affaire sont stoppées 
et annulées. 
    L'opposant Zoran Zaev, chef de file des sociaux-démocrates, 
a réagi en comparant cette grâce à un "coup d'Etat" et en 
appelant à la démission du président. 
    L'opposition avait accusé l'an dernier le gouvernement 
d'avoir mis sur écoutes des juges et des journalistes. Ces 
enregistrements, affirmait-elle, révélaient un contrôle étroit 
du pouvoir sur la presse, sur la conduite des élections et sur 
les nominations à des postes élevées de la fonction publique. 
    D'après les sociaux-démocrates, le Premier ministre de 
l'époque, Nikola Gruevski, et son chef du renseignement 
intérieur, Saso Mijalkov, auraient orchestré la mise sur écoute 
de plus de 20.000 personnes. 
    L'Union européenne a joué les médiateurs dans cette crise, 
obtenant de Skopje la nomination d'un procureur spécial pour 
enquêter sur ces accusations et Gruevski s'est écarté du pouvoir 
et a accepté la tenue d'élections législatives anticipées, qui 
devraient se tenir en juin. 
    L'ex-Premier ministre et son parti, le VMRO-DPMNE (droite), 
nient toute malversation. 
    Un procureur a ouvert une enquête en février.     
 
 (Kole Casule; Henri-Pierre André pour le service français, 
édité par Tangi Salaün) 
 
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