Amnesty réclame des missions de secours au plus près de la Libye

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CATANE, Italie, 25 avril (Reuters) - Les opérations européennes de sauvetage de migrants en Méditerranée doivent impliquer des missions de recherches et secours au plus près des côtes libyennes, a réclamé samedi Amnesty International. Réunis dans l'urgence jeudi à Bruxelles après la tragédie du week-end dernier, quand le naufrage d'un chalutier au large de la Libye a fait plus de 700 morts, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont décidé de tripler les moyens financiers de la mission de surveillance aux frontières en Méditerranée. (voir ID:nL5N0XK3HZ ) Mais le mandat de l'opération Triton n'a pas été modifié et les bâtiments chargés de la mettre en oeuvre n'ont pas la mission explicite d'aller au-delà d'une limite de 55 km environ (30 milles nautiques), sur le tracé des frontières européennes. "Nous voyons seulement cette mission patrouiller le long des frontières de l'Italie. Mais tous les bateaux qui ont coulé se trouvaient beaucoup plus loin, bien plus près de la Libye, et les navires (de Triton) ne vont pas dans cette zone", a déclaré Gauri Van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty International pour l'Europe. En déplacement sur le port sicilien de Catane, elle a souligné que la marine marchande ne pouvait assumer seule les opérations de secours. De nombreux cargos se portent au secours de migrants à la demande des gardes-côtes, mais, a-t-elle dit, ils ne sont pas nécessairement équipés pour ce genre de manoeuvres et leurs équipages ne sont pas forcément formés. "Même si ce qu'ils font est héroïque, bien sûr, ils peuvent parfois provoquer indirectement des naufrages par exemple en cas de panique à bord (des bateaux en détresse)", a-t-elle déclaré. Sur le plan judiciaire, le capitaine présumé du chalutier qui a sombré le 18 avril, un Tunisien de 27 ans, a été arrêté et est accusé d'avoir heurté un navire marchand portugais qui se portait à leur secours. Un magistrat italien a ordonné vendredi son matin en détention. Mais son frère a affirmé samedi à Reuters que le capitaine présumé du chalutier était lui-même un migrant et que les passeurs l'avaient contraint, arme à la main, à prendre la barre du chalutier. "Mon frère a été recruté il y a quelques semaines par des Libyens pour travailler dans un café en Libye mais par la suite, les trafiquants l'ont forcé sous la menace à diriger le bateau parce qu'il connaissait un peu la mer et avait travaillé avec notre père comme pêcheur", a dit Makrem Mahjoub. "Les responsables, ce sont les recruteurs et les trafiquants. Mais lui, il n'est qu'une victime de plus du chaos libyen." (Gabriele Pileri avec Isla Binnie à Rome et Tarek Amara à Tunis; Henri-Pierre André pour le service français)

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