Amnesty dénonce une "culture de la torture" en Thaïlande

le
0
    BANGKOK, 28 septembre (Reuters) - Amnesty International a 
accusé mercredi la junte au pouvoir en Thaïlande de permettre à 
une "culture de la torture" de prospérer dans le pays depuis le 
coup d'Etat militaire de 2014, des accusations rejetées par 
l'armée.   
    Depuis le putsch, des opposants au gouvernement ont été 
placés en détention par dizaines, même si leur nombre exact n'a 
jamais été annoncé officiellement.  
    Dans un rapport à l'appui de ses accusations, Amnesty 
International dit avoir les preuves de 74 cas de torture par des 
policiers ou des soldats et souligne que les décrets publiés par 
les militaires depuis le coup d'Etat permettent aux autorités de 
détenir des individus au secret.  
    L'ONG cite des allégations de passage à tabac, d'étouffement 
à l'aide de sacs en plastique, de simulations de noyade ou de 
torture à l'électricité.  
    "Habilités par des lois qu'ils ont fabriquées eux-mêmes, les 
dirigeants militaires ont permis à une culture de la torture de 
s'épanouir. Les auteurs n'ont aucun compte à rendre et il n'y a 
pas de justice pour les victimes", a déclaré Rafendi Djamin, 
directeur d'Amnesty pour l'Asie du Sud-Est et le Pacifique.  
    Le général Sansern Kaewkamnerd, porte-parole du bureau du 
Premier ministre, a rejeté les accusations d'Amnesty.  
    "Nos enquêtes sur de telles allégations n'ont montré aucun 
signe de torture. Je n'ai vu aucun signe de torture et le peuple 
thaïlandais n'a vu aucun signe de torture", a-t-il dit.  
    En mars dernier, le pouvoir a donné l'autorisation aux 
militaires de procéder à des interpellations, estimant que les 
policiers n'étaient pas assez nombreux pour faire face à la 
criminalité. Un décret d'avril 2015 autorise l'armée à maintenir 
des personnes en détention sans aucune charge pendant une durée 
maximale de sept jours.  
 
 (Cod Satrusayang, Patpicha Tanakasempipat; Jean-Stéphane Brosse 
pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant