Amnesty dénonce les conditions de rétention à Lesbos et Chios

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    ATHENES, 7 avril (Reuters) - Les migrants retenus sur les 
îles grecques de Lesbos et de Chios vivent dans des conditions 
"effroyables" et n'ont qu'un accès limité à une assistance 
juridique, voire à une simple information sur leur statut, 
dénonce Amnesty International dans un rapport publié jeudi. 
    Aux termes de l'accord conclu entre l'Union européenne et 
Ankara, toutes les personnes arrivées clandestinement dans les 
îles grecques de la mer Egée depuis le 20 mars sont placées dans 
des centres de rétention où leurs demandes s'asile sont 
examinées. Ceux qui sont déboutés sont renvoyés en Turquie. 
    Un premier groupe de 202 migrants, pour l'essentiel 
originaires du Pakistan et d'Afghanistan, a été ainsi renvoyés 
lundi. 
    "Les gens détenus à Lesbos et Chios n'ont virtuellement 
accès à aucune aide juridique, ont un accès limité à des 
services et à un soutien et n'ont pratiquement pas 
d'informations sur leur statut actuel ou leur sort possible", a 
déclaré Gauri van Gulik, directrice adjointe d'Amnesty pour 
l'Europe. 
    "La peur et le désespoir sont palpables", a-t-elle ajouté. 
    Le rapport d'Amnesty relaie notamment les difficultés des 
migrants à trouver des médecins ou une assistance médicale. 
    Quant aux procédures d'asile, elles sont menées de façon 
expéditive, poursuit l'organisation de défense des droits de 
l'homme qui souligne que la vaste majorité des migrants ne 
bénéficie d'aucune assistance juridique. 
    "Il est probable que des milliers de demandeurs d'asile 
seront renvoyés en Turquie malgré le fait que cela sera 
manifestement dangereux pour eux", déplore Amnesty. 
    Une Syrienne citée par Amnesty déclare que sa famille et 
elle ont eu à signer plusieurs documents sans disposer d'un 
interprète. Elle ajoute qu'on ne leur pas donné une copie de ces 
documents. 
    Ces témoignages, note Gauri van Gulik, "montrent qu'en plus 
du fait que la Turquie ne soit pas pour l'instant un pays sûr 
pour les réfugiés, il existe de graves dysfonctionnement du côté 
grec de l'accord entre l'UE et la Turquie. Tant que ces deux 
points n'auront pas été pleinement réglés, aucun retour ne 
devrait être effectué". 
 
 (Karolina Tagaris; Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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