Amnesty dénonce les abus commis contre les travailleurs au Qatar

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    DOHA, 1er décembre (Reuters) - L'exploitation des 
travailleurs étrangers reste d'actualité au Qatar, regrette 
Amnesty International dans un communiqué publié mardi, cinq ans 
après l'obtention par l'émirat de l'organisation de la Coupe du 
monde de football de 2022. 
    L'ONG souligne que la règle qatarie de la "kafala", un 
système de parrainage des salariés qui concerne 94% de la main 
d'oeuvre locale, met les travailleurs étrangers à la merci de 
leurs employeurs et estime que les modifications apportées à la 
législation du travail relèvent du "rafistolage". 
    Le ministère qatari du Travail a refusé de s'exprimer sur le 
contenu du communiqué tandis qu'un responsable fustigeait un 
texte qui vise selon lui à discréditer le Qatar à l'étranger. 
    L'émirat, qui veut se servir de la Coupe du monde 2022 pour 
promouvoir son image, nie toute exploitation de salariés et dit 
avoir adopté plusieurs réformes du droit du travail. 
    L'une d'entre elles prévoit par exemple que les salariés 
soient rémunérés par virement électronique. Elle est entrée en 
vigueur en novembre après sa promulgation par l'émir Tamim ben 
Hamad al Thani et permet aux salariés étrangers de saisir une 
commission gouvernementale si leur employeur ne leur accorde pas 
de permis de quitter le territoire. 
    Mais, selon les militants et organisations de défense des 
droits de l'homme, les réformes gouvernementales ne vont pas 
assez loin puisque les salariés restent tenus d'obtenir de leur 
employeur l'autorisation de changer de travail ou de quitter le 
pays. 
    "Avec le système de la kafala, il est trop facile pour un 
employeur peu scrupuleux de verser les salaires tardivement sans 
avoir à s'en soucier, d'héberger les salariés dans des logements 
sordides et exigus ou de proférer des menaces à l'encontre de 
ceux qui se plaignent de leurs conditions de vie", déclare 
Moustafa Kadri, spécialiste de la question des migrants dans le 
Golfe à Amnesty. 
    "C'est pour cela que la kafala doit être réformée en 
profondeur et non pas rafistolée", dit il. 
    Les quelque 200 milliards de dollars (189 milliards d'euros) 
d'investissements projetés en amont de la Coupe du monde ont 
attiré des centaines de milliers de salariés étrangers, 
majoritairement indiens, népalais et bangladais, chargés de 
d'alimenter l'essor du secteur immobilier qatari. 
    Le 21 novembre, la police a été appelée pour briser une 
grève de salariés travaillant sur un projet immobilier situé 
dans le centre de Doha, capitale de l'émirat, et dont les 
salaires n'avaient pas été versés. 
    Selon l'ambassade indienne au Qatar, près de 260 migrants 
originaires d'Inde sont morts dans l'émirat depuis le début de 
l'année. Ces chiffres couvrent tous les décès et pas seulement 
ceux qui sont liées aux conditions de travail. 
 
 (Tom Finn,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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