Amnesty critique le projet de loi antiterroriste égyptienne

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LE CAIRE, 15 juillet (Reuters) - Amnesty International a estimé mercredi que le projet de loi antiterroriste récemment dévoilé par les autorités égyptiennes représenterait un "coup mortel porté aux droits de l'homme" s'il devait être adopté en l'état. L'une des mesures emblématiques de ce texte présenté peu après la mort du procureur général d'Egypte dans un attentat à la voiture piégée le 29 juin au Caire interdit aux médias de contredire la version officielle des autorités en matière de terrorisme. Amnesty réclame la suppression de cet article qui expose les journalistes récalcitrants à deux ans de prison, et critique plus largement l'arsenal répressif contenu dans le projet de loi, dont la création de nouveaux tribunaux pour les affaires "terroristes" -- un terme interprété de manière très large par le passé en Egypte -- et l'allongement de la liste des crimes passibles de la peine de mort. "Le projet de loi antiterroriste renforce considérablement les pouvoirs des autorités égyptiennes et menace des droits aussi fondamentaux que la liberté d'expression, de rassemblement pacifique et d'association", déclare Saïd Boumedouha, d'Amnesty International. "S'il est approuvé, il deviendra un nouvel outil au service des autorités pour réprimer toute forme de contestation", affirme-t-il. L'Egypte est confrontée à une insurrection islamiste qui a fait des centaines de morts, principalement dans la péninsule du Sinaï, depuis l'éviction du président Mohamed Morsi par l'armée à l'été 2013 après de grandes manifestations de rue contre son gouvernement. Les autorités ont parallèlement mené une répression tous azimuts contre les Frères musulmans, le mouvement dont était issu le chef de l'Etat, et la jeunesse révolutionnaire qui s'était soulevée contre l'autocrate Hosni Moubarak en 2011. Les organisations de défense des droits de l'homme évaluent à 40.000 le nombre de prisonniers politiques en Egypte. "Une des raisons pour lesquelles le peuple égyptien était descendu dans la rue en 2011 était la volonté de mettre fin à l'état d'urgence imposé pendant 30 ans par Hosni Moubarak", rappelle Saïd Boumedouha. "Donner des pouvoirs absolus similaires au président actuel (NDLR: l'ancien chef de l'armée Abdel Fattah al Sissi) serait un coup mortel porté aux droits de l'homme en Egypte." (Michael Georgy; Tangi Salaün pour le service français) )

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  • Berg690 le mercredi 15 juil 2015 à 18:46

    Amnesty était où pour l'intervention de l'armée Us en Irak?