Amnesty critique la Hongrie avant le référendum sur les migrants

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    BRUXELLES, 27 septembre (Reuters) - Amnesty International a 
dénoncé mardi le traitement infligé par la Hongrie aux 
demandeurs d'asile pour les dissuader d'entrer sur son 
territoire, à quelques jours du référendum organisé par Budapest 
sur les quotas de migrants proposés par Bruxelles. 
    Le gouvernement hongrois n'a pas réagi pour l'instant à la 
publication du rapport d'Amnesty qui l'accuse d'avoir remplacé 
"l'Etat de droit par le règne de la peur". 
    Ces critiques font écho aux déclarations du chef de la 
diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, qui avait estimé 
avant le sommet européen de Bratislava, le 16 septembre, que la 
Hongrie devrait être exclue de l'Union européenne pour avoir 
bafoué ses valeurs en érigeant une clôture le long de sa 
frontière Sud.   
    Pour John Dalhuisen, directeur d'Amnesty pour l'Europe, les 
initiatives du Premier ministre Viktor Orban visant à empêcher 
les réfugiés d'arriver en Hongrie "se sont accompagnées 
d'attaques encore plus perturbantes contre eux et contre les 
règles internationales conçues pour les protéger". 
    L'agence de l'Onu pour les réfugiés a demandé cet été à la 
Hongrie d'enquêter sur des accusations de mauvais traitements 
infligés par ses forces de l'ordre aux demandeurs d'asile, dont 
des passages à tabac et des lâchers de chiens policiers. 
Budapest a nié maltraiter les réfugiés. 
    Amnesty, qui dit avoir interrogé 143 personnes pour établir 
son rapport, corrobore les accusations dont l'agence onusienne 
s'était fait l'écho et conclut à un "usage excessif de la force" 
contre les migrants. 
    La politique de Viktor Orban divise l'Europe, certains le 
remerciant d'avoir ralenti le flux de migrants remontant la 
"route des Balkans" vers l'Europe de l'Ouest et du Nord tandis 
que d'autres lui reprochent d'ignorer les règles d'accueil des 
réfugiés. 
    Le Premier ministre hongrois a annoncé pour dimanche 2 
octobre la tenue d'un référendum sur le système de quotas de 
répartition des demandeurs d'asile proposé par l'UE pour alléger 
le fardeau de la Grèce et de l'Italie, principales portes 
d'entrée des réfugiés en Europe. 
    Viktor Orban espère qu'un vote massif de ses compatriotes 
contre ce projet contesté dans d'autres pays d'Europe centrale 
permettra de l'enterrer définitivement et de remettre à plat la 
politique migratoire du bloc impulsée par l'Allemagne. 
    "Les dirigeants européens doivent être organisés, pas 
Orbanisés", rétorque John Dalhuisen. "Leur incapacité à 
s'opposer fermement aux violations des règles européennes par la 
Hongrie renforcera les xénophobes et les populistes", met en 
garde le responsable d'Amnesty. 
     
 
 (Gabriela Baczynska; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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  • d.contan il y a 2 mois

    de quoi se mele amnesty ..c'est au peuple hongrois de decider

  • d.contan il y a 2 mois

    de quoi se mele amnesty ..c'est aux peuple de decider