Amnesty accuse l'Egypte de tortures et de disparitions forcées

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    LE CAIRE, 13 juillet (Reuters) - La police égyptienne a 
enlevé et torturé "au moins plusieurs centaines de personnes", 
certaines âgées de seulement 14 ans, afin de réduire au silence 
l'opposition au régime, dénonce l'ONG Amnesty International dans 
un rapport publié mercredi. 
    "Les disparitions forcées sont devenues un des instruments 
clés de la politique de l'Etat égyptien. Toute personne qui ose 
exprimer des critiques est en danger, la lutte contre le 
terrorisme servant de prétexte pour enlever, interroger et 
torturer les gens qui contestent les autorités", déclare Philip 
Luther, directeur d'Amnesty pour l'Afrique du Nord et le 
Moyen-Orient, dans un communiqué accompagnant le rapport. 
    Celui-ci, rédigé sur la base de 70 entretiens avec d'anciens 
détenus, leurs familles, des avocats, etc., estime que le nombre 
de disparitions forcées a considérablement augmenté depuis la 
nomination début 2015 de Magdi Abdel Ghaffar comme ministre de 
l'Intérieur.   
    D'après l'ONG, trois à quatre personnes disparaissent chaque 
jour en Egypte, même s'il est difficile de donner un chiffre 
précis vu la nature de la disparition. "Au moins plusieurs 
centaines de cas" ont été dénombrés depuis début 2015 par des 
ONG et associations de défense des droits égyptiennes.  
    Amnesty international expose dans son rapport les 
témoignages de 17 personnes isolées du monde extérieur et 
privées de contact avec un avocat ou leurs familles pour des 
périodes allant de plusieurs jours à sept mois. 
    Certaines de ces personnes portées disparues ont été 
détenues à Lazoughli, un camp de la Sécurité intérieure 
égyptienne, selon Amnesty. Elles disent y avoir été 
électrocutées, maltraitées, violées. 
    Amnesty International déclare avoir découvert des 
ressemblances entre leurs blessures et celles de Giulio Regeni, 
un étudiant italien enlevé le 25 janvier au Caire et retrouvé 
mort avec des traces de torture neuf jours plus tard. 
   
    Le ministère de l'Intérieur nie toute implication et a 
indiqué que les mauvais traitements de la police étaient des cas 
isolés. Il a aussi promis mercredi d'enquêter sur chaque 
accusation. 
    Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a 
lui qualifié les rapports d'Amnesty sur l'Egypte de subjectifs, 
motivés par des raisons politiques, avec pour objectif de nuire 
à l'image du pays. 
 
 (Amina Ismail, Lin Noueihed, Haitham Ahmed et Ahmed Mohammed 
Hassan; Laura Martin pour le service français, édité par 
Jean-Stéphane Brosse) 
 
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