Amnesty accuse des casques bleus de viol et meurtres en Centrafrique

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ABIDJAN, 11 août (Reuters) - Amnesty International a accusé mardi des membres de la force de maintien de la paix des Nations unies en République centrafricaine d'avoir violé une fillette de 12 ans et d'avoir tué un adolescent et son père lors d'une opération à Bangui au début du mois. Ces accusations portées contre la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca), chargée du maintien de la paix dans le pays après deux ans de violences inter-religieuses, interviennent alors que la justice française enquête sur des soupçons de viol de mineurs par des soldats français en République centrafricaine en 2013 et 2014. ID:nL5N0XY4CF Les incidents évoqués par Amnesty International mardi se seraient déroulés les 2 et 3 août après un échange de tirs entre des soldats de la Minusca et des habitants du quartier "PK5" de Bangui, la capitale, lors duquel un soldat camerounais a été tué et neuf autres blessés. "Les éléments dont nous disposons suggèrent fortement qu'un casque bleu de l'Onu a violé une jeune fille et que des forces de maintien de la paix ont tué aveuglément deux civils", a déclaré Joanne Mariner, conseillère d'Amnesty International, dans un communiqué. Amnesty précise avoir interrogé au total 15 témoins des deux incidents et avoir parlé avec la victime présumée du viol. Cette dernière a déclaré qu'elle se cachait dans une salle de bain pendant la fouille d'une maison le 2 août lorsqu'un homme vêtu d'un uniforme et portant un casque bleu de l'Onu l'a tirée dehors et l'a violée derrière un camion. "Quand j'ai crié, il m'a frappée fort et m'a mis la main sur la bouche", a-t-elle déclaré aux enquêteurs d'Amnesty. Une infirmière qui a examiné la jeune fille a relevé des éléments médicaux accréditant la thèse du viol, a déclaré l'organisation internationale de défense des droits de l'homme. Le 3 août, Balla Hadji, 61 ans, et son fils de 16 ans Souleimane Hadji ont été tués devant leur maison par des soldats de la Minusca, poursuit le communiqué d'Amnesty. A New York, au siège de l'Onu, un porte-parole du secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a déclaré que ces accusations donneraient lieu à une enquête approfondie. "Le secrétaire général est personnellement consterné et déçu, pas seulement par ces dernières informations mais par la série d'allégations (...) de ces derniers mois", a dit Stéphane Dujarric. En juin, l'Onu a annoncé l'ouverture d'une enquête après des accusations de violences sexuelles contre des enfants visant des soldats de la Minusca, qui compte quelque 10.000 hommes. Le mois dernier, la Minusca a renvoyé dans leur pays d'origine 20 de ses soldats accusés d'usage excessif de la force contre quatre personnes, dont deux sont décédées. (Joe Bavier, Marc Angrand pour le service français)

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