amLeague : les actions européennes pourraient être les vedettes de 2013

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(NEWSManagers.com) - Tour à tour, au cours de la XVIème réunion amLeague-Newsmanagers qui s'est tenue la semaine dernière, un investisseur institutionnel, un conseil indépendant en épargne d'entreprise et en protection sociale, ainsi que les représentants de trois sociétés de gestion se sont prêtées au jeu des " perspectives 2013" pour les différentes classes d'actifs. D'où il ressort que les actions se présentent de loin comme les valeurs affichant le potentiel de hausse le plus élevé....

Derrière ce consensus, il n'en demeure pas moins qu'en fonction des expériences de chacun, des nuances existent d'une maison à l'autre. A commencer par le " timing" . Responsable de l'allocation d'actifs au sein de la CAPSSA (*), Jean-Pierre Mottura, son directeur général, a tout d'abord distingué la situation de la macroéconomie - peu reluisante, notamment en Europe, de celle des marchés actions, qui connaissent une embellie en cette fin d'année. Pour autant, compte tenu de la prudence de son établissement, le responsable n'entend pas dans l'immédiat changer la donne. " L'embellie me sert dans mon allocation et dans mon résultat de fin d'année" , a-t-il reconnu. " De là à s'y intéresser beaucoup plus franchement dès le début 2013, je ne suis pas prêt. Pour la première moitié de 2013, je vais donc continuer à renforcer la poche corporate, avec un espoir au deuxième semestre, voire au quatrième trimestre d'y voir un peu plus clair et de me porter plus franchement sur les marchés actions." Cependant, en matière d'investissement de long terme, la CAPSSA a renforcé ces derniers temps sa poche de private equity. " Cette dernière représente 2,5 % au private equity, ce qui n'est pas négligeable, note Jean-Pierre Mottura qui se dit vraiment engagé dans le long terme. "

Avec sa vision " transversale" du marché, en approchant de grandes entreprises via leur offre d'épargne salariale, Hubert Clerbois a fait part, ensuite, de son expérience " terrain" . Sans réfuter l'intérêt des actions, le cadre a toutefois admis que les salariés d'une manière générale se montrent plutôt frileux compte tenu des pertes enregistrées lors des années précédentes. De fait, en matière d'offre, les sociétés de gestion se sont mises au diapason et propose désormais des fonds générationnels, qui se désensibilisent au fur et à mesure que les personnes approchent de la retraite. " Mais il s'agit de fonds générationnels avec des garanties" , a insisté Hubert Clerbois, " car les salariés aiment sécuriser leurs avoirs. Ils veulent bien investir en actions à 30 ou 40 ans de la retraite et capter un peu de la performance sur un fonds générationnel, a-t-il poursuivi, mais en bénéficiant également d'une garantie annuelle" .

Premier représentant des sociétés de gestion interrogées, Bernard Angeniol, directeur de la gestion d'Ecofi s'est dit notamment plus optimiste que Jean-Pierre Mottura au niveau de la resensibilisation des actions l'an prochain. Le responsable de gestion a aussi insisté sur le fait que sa maison regardait les investissements par styles. " Tout dépend de l'endroit où l'on se trouve dans le rebond du cycle économique, a-t-il indiqué. " Aux États unis par exemple, nous allons plutôt nous intéresser à des stratégies " value" , des stratégies de titres décotés. Mais sur le vieux Continent, nous sommes encore aujourd'hui en récession. Aussi, celles qui vont être les premières à rebondir a priori dans la phase que l'on voit se dessiner aujourd'hui seront plutôt des sociétés cycliques, soit des sociétés qui arrivent à tirer leur croissance soit parce qu'elles sont fortement exposées sur les pays émergents, soit parce qu'elles sont dans des secteurs qui ont gardé la croissance comme le luxe" . " Si jamais l'Europe parvient à redécoller et à s'améliorer" , prévient le gérant, " nous verrons l'approche value revenir."

Arnaud d'Aligny, portfolio manager chez Sycomore AM s'est dit en phase avec l'analyse faite par son confrère. Et notamment sur les atouts des actions alors que, non seulement le monde obligataire ne propose plus d'actifs sans risque mais ses rémunérations sont désormais faibles. " La classe actions offre une alternative intéressante" , a-t-il expliqué : " elle propose du rendement à condition de sélectionner des actions de sociétés de qualité, avec des fondamentaux solides, bien exposées, et des valorisations attractives." L'investissement pour le gérant est alors plus sûr que si il s'agit de certaines obligations autrefois perçues comme sans risque. " Aujourd'hui, sur l'indice Stoxx 600, le rendement du dividende est de 3,6 %" , a-t-il insisté. Un taux extrêmement compétitif par rapport à un grand nombre de supports obligataires. " Cela n'empêche pas la classe d'actions de rester une classe d'actifs volatile" , prévient le gérant. " Volatile mais pas risquée" a tempéré le portfolio manager qui a également noté une corrélation des secteurs entre 80 % et 85 alors que la moyenne historique est de 50 %. " C'est un monde idéal pour les stock pickers de sélectionner les bonnes sociétés" , a jugé le gérant.

Représentant Petercam, Bart Baetens, head of thematic equity funds, Institutional Asset Management, a également précisé que sur le front obligataires, hormis dans certains domaines du high yield, le potentiel de gains était désormais limité. Ce qui n'est pas le cas pour les actions. " Les bonnes sociétés ont maintenant leur momentum, a-t-il relevé. Elles peuvent grandir de façon organique. Elles peuvent aussi faire des acquisitions très importantes qui ne coûtent pas grand chose."
Petercam étant présent dans les mandats Europe, Euro et Global, Bart Baetens s'est dit, comme les autres intervenants, assez favorables à l'Europe pour l'année à venir. " Je pense que beaucoup de sociétés, même de qualité, sont punies parce qu'elles sont européennes. De 2008 jusqu'à maintenant, la sous-performance de l'Europe est toujours de 25 %. La valorisation de l'Europe est aussi beaucoup plus basse qu'aux États-Unis. Les sociétés qui sont exposées à des pays émergents ont pourtant de bons bilans et je ne vois pas pourquoi il y a une telle différence au niveau des valorisations." Dans ce cadre, le gérant table sur une année 2013 qui sera sans doute l'occasion pour des sociétés de restaurer leur bilan.

(*) Caisse de prévoyance des agents de la sécurité sociale et assimilés
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