Amiante: Aubry veut l'annulation de sa prochaine mise en examen

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PARIS (Reuters) - Les avocats de Martine Aubry ont réclamé mercredi l'annulation de la prochaine mise en examen de l'ex-dirigeante du Parti socialiste français dans le dossier de l'amiante.

La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy a récemment mis en examen dans cette affaire Jean-François Girard, qui fut directeur général de la Santé de 1986 à 1997, rappellent Mes Yves Baudelot, Marie-Laure Barré et Christian Charrière-Bournazel dans un communiqué.

Elle vient de convoquer, aux mêmes fins, Martine Aubry pour son action à la tête de la Direction des relations du travail (DRT) du ministère du Travail entre 1984 et 1987, ainsi qu'Olivier Dutheillet de Lamothe, qui lui avait succédé.

La maire de Lille risque comme les deux autres protagonistes des poursuites pour homicides involontaires.

Tous trois "souhaitent que toute la lumière soit faite pour que la justice puisse comprendre comment s'est produit ce drame mondial", écrivent les avocats.

Mais leurs défenseurs sont "stupéfaits de voir que ceux qui ont consacré la plus grande partie de leur vie à protéger les droits de nos concitoyens, soient mis en examen ou susceptibles de l'être, et non entendus comme témoins."

Ils rappellent que la Cour de Justice de la République a mis hors de cause, par une décision du 7 décembre 2000, 13 anciens ministres de l'Industrie et du Logement dans le dossier de l'amiante.

Après une décision marquante en Italie, en février dernier, les associations de victimes de l'amiante et un syndicat de magistrats avaient demandé l'accélération des poursuites pénales visant les ravages d'une fibre qui fait des milliers de morts par an en France.

Une juridiction de Turin a condamné l'ancien propriétaire du groupe suisse Eternit, spécialisé dans les matériaux de construction en amiante, et l'actionnaire belge de sa filiale italienne à seize ans de prison pour négligence ayant entraîné au moins 2.000 décès.

Cette décision a attisé l'amertume des associations de victimes en France qui ont vu en décembre la cour d'appel de Paris annuler la mise en examen pour "homicides involontaires" de Joseph Cuvelier, qui fut directeur général puis président du directoire d'Eternit France entre 1972 et 1994.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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  • van-cail le mercredi 31 oct 2012 à 16:24

    deux poids deux mesures