Amende de $3,4 mds pour cinq banques dans les changes

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(Actualisé avec contexte, réactions) par Kirstin Ridley et Joshua Franklin LONDRES, 12 novembre (Reuters) - Les autorités britanniques, suisses et américaines ont imposé mercredi un total de quelque 3,4 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros) d'amendes à cinq banques dans le cadre d'un réglement négocié au terme de leur enquête sur des manipulations présumées du marché des changes. Il s'agit du premier accord amiable sur les allégations de fraude touchant au marché des changes, qui brasse environ 5.300 milliards de dollars de transactions quotidiennes. "Aujourd'hui, nous prenons des sanctions sévères pour mettre fin aux pratiques de corruption mises en place par quelques individus afin d'avoir un système financier au service de tous", déclare George Osborne, ministre des Finances britannique. Le régulateur britannique FCA (Financial Conduct Authority) a imposé des amendes d'un total de 1,7 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros) à UBS, HSBC HSBA.L , Royal Bank of Scotland RBS.L , Citigroup C.N et JP Morgan JPM.N . Dans le détail, Citigroup écope de 358 millions de dollars, HSBC de 343 millions, JP Morgan de 352 millions, RBS de 344 millions et UBS de 371 millions. La CFTC (Commodity Futures Trading Commission) américaine a annoncé de son côté des amendes de plus de 1,4 milliard de dollars pour le même motif, avec des pénalités de 310 millions pour Citi et JP Morgan, de 290 millions pour RBS et UBS et de 275 millions pour HSBC. Ces amendes sanctionnent des "tentatives de manipulation (...) des taux de change mondiaux pour arranger les positions de certains traders", note le régulateur américain dans son communiqué. UBS ÉCOPE DE L'AMENDE LA PLUS LOURDE Le régulateur suisse Finma a de son côté ordonné à UBS de lui verser 134 millions de francs (111 millions d'euros), ajoutant avoir exigé de la banque qu'elle automatise au moins 95% de son trading sur le marché des changes mondial. La Finma veut également qu'UBS limite les bonus de ses courtiers présents sur le marché des changes et sur celui des métaux précieux, où le régulateur a également obtenu des preuves de pratiques abusives, à 200% de leur salaire de base pendant deux ans. "La Finma a constaté que des collaborateurs (d'UBS) avaient, durant une longue période et de manière répétée, pour le moins tenté de manipuler des valeurs de référence sur le marché des devises", souligne le régulateur dans un communiqué. Barclays BARC.L , un autre acteur majeur du marché des changes, devait initialement faire partie de l'accord mais la FCA a précisé que son enquête évaluant les pratiques de la banque britannique se poursuivait. Le total de l'amende infligée par la FCA dans le dossier des changes est largement supérieur au montant de 460 millions de livres imposée à ce stade aux banques soupçonnées d'avoir manipulé les taux interbancaires de référence, le Libor notamment. Cette inflation de sanctions reflète la volonté de plus en plus marquée des dirigeants politiques de tenir les banques, considérées comme étant à l'origine de la crise financière de 2007-2009, responsables de leurs actes. Philip Hampton, président de RBS, a dit de son côté que les amendes venaient rappeler "l'importance de l'intégrité dans le secteur", ajoutant que le groupe allait "à juste titre être jugé sur la qualité de sa réponse". Voir aussi : * ENCADRE-Changes/Manipulation-$3,4 mds d'amendes pour 5 banques ID:nL6N0T219G (Avec les contributions de Steve Slater, Huw Jones, Jamie McGeever, Clare Hutchison et Matt Scuffham à Londres et celle de Katharina Bart à Zurich, Véronique Tison et Benoît Van Overstraeten pour le service français)


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