Ambiance de guerre froide au sommet de Sanofi

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* Relations compliquées entre Weinberg et Viehbacher * La revue des produits matures en question par Noëlle Mennella et Natalie Huet et Gwénaëlle Barzic PARIS, 28 octobre (Reuters) - Le directeur général de Sanofi SASY.PA , Christopher Viehbacher, n'a obtenu de Serge Weinberg, le président du conseil d'administration, aucune réponse sur son avenir dans le groupe, bien qu'il ait posé la question avec insistance lundi en séance, a-t-on appris de sources proches du géant pharmaceutique. Serge Weinberg a simplement répondu que la succession de Christopher Viehbacher "n'était pas à l'ordre du jour du conseil", ont déclaré ces sources, évoquant un durcissement des tensions entres les deux hommes. Le président du conseil s'est ainsi contenté de répéter les termes d'un communiqué publié par Sanofi après la diffusion par le quotidien Les Echos d'une lettre de Christopher Viehbacher dans laquelle il écrit avoir été informé que Serge Weinberg recherchait "activement" quelqu'un pour lui succéder. Dans un entretien téléphonique accordée à Reuters, Christopher Viehbacher a confirmé les propos attribués à Serge Weinberg. Défendant son bilan, il a rappelé qu'en mai dernier l'assemblée générale avait approuvé à 99% le renouvellement de son mandat proposé par le conseil d'administration. "Je ne vois pas ce qui a pu se produire depuis, d'autant que tous les résultats sont positifs à ce jour", s'interroge celui qui est aux manettes de Sanofi depuis six ans et qui considère y avoir fait du bon travail. Pour une source proche du conseil, "ce n'est un problème ni de stratégie ni de bilan" mais plutôt une question "de relations personnelles". "TRÈS AUTORITAIRE, SOLITAIRE, SECRET" Christopher Viehbacher "n'informe ni n'associe le conseil à ses décisions. Il est très autoritaire, solitaire, secret", ajoute cette source. Dans l'entourage du conseil, on évoque un durcissement tangible des tensions depuis quelques mois entre Christopher Viehbacher et Serge Weinberg à mettre sur le compte d'un projet de cession des produits matures du groupe dont le conseil n'aurait pas été informé. En juillet dernier, un document interne a filtré dans la presse révélant que dans le cadre d'un projet baptisé "Phoenix", le groupe voulait céder un portefeuilles de 200 produits anciens valorisé environ 6,3 milliards d'euros. ID:nL6N0P65Z3 Christopher Viehbacher reconnaît que le projet n'a pas été spécifiquement présenté au conseil mais souligne que l'impact de ces vieux médicaments sur la croissance du groupe est un sujet qui a été évoqué en interne. Il explique que les règles de gouvernance de l'entreprise prévoient de ne saisir le conseil qu'en cas de changement de stratégie ou de transaction majeure. Or, poursuit-il, "il n'y a eu aucun projet et nous n'avons pas vendu de produits matures". Sanofi a simplement entrepris une revue de son portefeuille de produits matures pour évaluer ce qui pourrait être mis en oeuvre pour améliorer sa croissance et sa rentabilité, dit-il en substance. Les sources estiment par ailleurs que le choix de Christopher Viehbacher de s'installer aux Etats-Unis, après celui d'autres dirigeants du groupe, n'est pas source de conflit entre les deux hommes. L'INSTALLATION DE VIEHBACHER AUX USA PAS UN PROBLÈME Le conseil en avait été informé et était d'accord, sachant que Viehbacher n'est pas Français et que le marché américain est très important, explique l'une d'entre elles. Premier dirigeant de Sanofi d'origine étrangère, Christopher Viehbacher, qui est germano-canadien, a considérablement transformé le groupe depuis qu'il en a pris la direction. Il a notamment réduit la recherche interne qu'il ne jugeait pas assez productive et a également organisé la riposte à la concurrence des génériques en misant sur les biotechnologies et la santé animale. Christopher Viehbacher s'est employé à faire évoluer Sanofi vers le modèle de l'innovation ouverte pratiquée depuis de nombreuses années déjà par ses concurrentes. Cela s'est traduit par la conclusion de nombreux partenariats et accords de coopération mais, depuis l'acquisition de Genzyme en 2011 pour 20 milliards de dollars, le laboratoire est resté à l'écart de la vague de fusions-acquisitions qui ont marqué son secteur. Mais les restructurations lancées par celui qui est surnommé en interne "smiling killer", ont entraîné, selon la CGT, la suppression de plus de 4.500 emplois en France dont 2.000 dans la recherche et développement. En réaction à l'avertissement lancé par le groupe sur les ventes de l'activité "diabète" en 2015, l'action Sanofi a clôturé sur une chute de 10,6% mardi à la Bourse de Paris, la plus forte baisse depuis 17 ans au cours d'une seule séance. * La lettre de Christopher Viehbacher : http://bit.ly/ZTkrm8 * Sanofi avertit sur le diabète pour 2015, l'action chute ID:L5N0SNOMB (Edité par Matthias Blamont et Marc Angrand)


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