Amaïka AM voit un début de normalisation des courbes de taux d'ici la fin de l'année

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(AOF) - La situation exceptionnelle dans laquelle évolue la finance depuis plusieurs années, avec un loyer de l'argent au plus bas et une croissance nominale du PIB supérieure aux taux à 10 ans, pourrait bien commencer sa "normalisation" d'ici la fin de l'année. "Les taux à long terme allemands pourraient retourner vers leurs niveaux de début d’année sachant que cette « normalisation » signalerait également la fin des « grandes peurs » marquant la période ayant suivi la grande crise financière de 2008", explique ainsi Laurent Boudoin, responsable des Investissements d'Amaïka AM.

Dans une note intitulée "Vers une normalisation de la courbe des taux ?", le gérant explique que le rebond des cours des matières premières pourrait soutenir une reprise de l'inflation vers les objectifs fixés par les banques centrales. En conséquence, la pente des courbes de taux pourrait revenir "à la moyenne" tandis que les grands argentiers pourraient relâcher leur soutien monétaire.

Ainsi, Laurent Boudoin, chez Amaïka AM, souligne le changement en cours depuis le début de l'année dans les discours et les actions des banquiers centraux. "Aux Etats-Unis, un consensus se dessine autour d'un resserrement monétaire progressif. En Europe, la BCE a déçu les attentes du marché. Au Japon, la BOJ, a cherché à assouplir sa politique monétaire sans toucher à son taux directeur", énumère-t-il.

Deux raisons peuvent expliquer cette évolution, selon le responsable des investissements d'Amaïka AM. D'abord, il se peut que "l'efficacité des actions monétaires commence à montrer ses limites et qu'un assouplissement fiscal produirait plus d'effets positifs sur la croissance." Les banquiers centraux appellent régulièrement les Etats à prendre le relais pour soutenir l'expansion de l'économie.

Ensuite, "des taux trop bas et des courbes de taux trop "plates" sont défavorables aux compagnies d'assurances et aux banques dans la mesure où elles tirent une grande partie de leurs revenus respectivement du niveau de ces derniers et du différentiel entre taux courts et taux longs. A titre d'illustration, en Europe, l'écart entre le taux à 2 ans et le taux 10 ans tourne autour de 60 points de base contre 120 points de base autour des 20 dernières années", rappelle Laurent Boudoin.

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