Altice continue sa chute libre, Drahi tente de rassurer ses troupes

le , mis à jour à 23:47
50
Altice continue à chuter à la Bourse d'Amsterdam ( AFP / ERIC PIERMONT )
Altice continue à chuter à la Bourse d'Amsterdam ( AFP / ERIC PIERMONT )

Altice n'arrive pas à enrayer sa chute en Bourse malgré la reprise en main par son fondateur. Son action a fait un nouveau plongeon mardi, tandis que Patrick Drahi s'efforçait de rassurer les salariés du groupe dans la tourmente.

Le titre du groupe de télécoms et médias, en dégringolade boursière depuis le début du mois, a encore perdu 13,17% à la Bourse d'Amsterdam mardi, où il a clôturé à 8,90 euros après avoir cédé jusqu'à 20% en cours de séance.

Au total depuis le début du mois, le titre a dévissé de près de 45%, voyant sa capitalisation réduite à 12,05 milliards d'euros alors que la confiance des investisseurs a été mise à l'épreuve par des prévisions plus modestes, une succession de départs et des inquiétudes sur sa dette.

La morosité a également gagné la filiale américaine, Altice USA, dont le titre a chuté de plus de 8%, après que le fonds Jana Partners a indiqué avoir liquidé sa participation au capital.

La nouvelle chute mardi a suivi la publication d'une note de la banque Morgan Stanley, qui estime que la rentabilité du groupe devrait souffrir durablement. Elle prévoit une baisse de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) des activités françaises d'Altice jusqu'à la fin 2019.

"Nous pensons que le résultat brut d'exploitation en France va subir des vents contraires pendant un certain temps à cause de la hausse des coûts des contenus", notamment à cause de la répercussion du coût des droits sportifs et d'un changement attendu de TVA pour la presse en ligne, indiquent les analystes de Morgan Stanley.

Après avoir déjà tenté de rassurer les investisseurs en annonçant la semaine dernière une réorganisation du groupe et son retour aux commandes au poste de président du conseil d'administration, Patrick Drahi s'est efforcé mardi de réconforter ses collaborateurs.

Il s'est adressé à la direction, puis à quelque 10.000 salariés depuis le siège français du groupe à Saint-Denis, près de Paris, au cours d'un questions-réponses d'une heure et demie, a indiqué une source interne à l'AFP. Le groupe Altice n'a pas souhaité commenter cette intervention.

- La stratégie confirmée -

Le groupe Altice de Patrick Drahi
Le groupe Altice de Patrick Drahi ( AFP / S.Ramis/V.Lefai, Paz PIZARRO )

Aux côtés de ses fidèles, Armando Pereira, directeur opérationnel d'Altice Telecom, Alain Weill, PDG de SFR, Dexter Goei, directeur général d'Altice, et Dennis Okhijsen, directeur financier, Patrick Drahi a pour la première fois répondu en détail aux interrogations de ses salariés.

Le responsable a confirmé la poursuite de la stratégie du groupe et demandé à ses collaborateurs de tout mettre en oeuvre pour améliorer la relation client en martelant le besoin de "simplification", selon la source interne.

"Si on se concentre sur nos +basics+ et qu'on garde le cap de notre stratégie, si nous travaillons tous dans la même direction, sans se disperser, nous allons évidemment y arriver", a assuré M. Drahi.

"Nous poursuivons notre stratégie d'investissements dans le réseau, la qualité de service et l'expérience de nos clients", a insisté le responsable.

Il a souligné que les investissements prendraient un certain temps avant de porter leurs fruits, notamment les droits de la Ligue des champions de football arrachés pour 370 millions d'euros par an, pour des matchs qui devraient être diffusés à partir de la mi-2018.

"Quand on investit des milliards dans les réseaux fixe et mobile, le retour sur investissement prend du temps pour que le client se rende compte que son réseau est le meilleur".

"Pour les contenus, c'est pareil, ça prend du temps mais nous n'avons aucun doute que les fans de ligue des champions seront demain chez SFR", a plaidé Patrick Drahi.

"Je m'engage personnellement, à vos côtés: je m'engage personnellement pour le futur d'Altice et de SFR", a-t-il ajouté.

L'équipe dirigeante a rencontré dans la foulée les organisations syndicales.

Patrick Drahi était "dans une mission de rassurer le corps social", mais "le message, c'est que la sanction de la Bourse est à prendre au sérieux", ont indiqué à l'AFP Abdelkader Choukrane et Pascale Fichaut, représentants de l'Unsa-SFR, premier syndicat de l'opérateur.

"La gouvernance de l'entreprise est clarifiée (...) Maintenant, c'est l'heure de vérité pour Monsieur Drahi et sa méthode", a souligné M. Choukrane.

Le groupe de télécoms et médias avait déjà perdu près d'un quart de sa valeur (-22,59%) le 3 novembre, au lendemain de la publication de résultats trimestriels montrant un recul de ses deux principaux marchés, la France et les Etats-Unis.

Les marchés boursiers sont également inquiets de l'important niveau d'endettement du groupe. La dette nette d'Altice s'affichait à 49,6 milliards d'euros à l'issue du troisième trimestre (51 milliards d'euros en brut).

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • frk987 il y a 2 jours

    Pour yaka73 : il fallait réagir dès l'annonce de cette vente forcée, maintenant vous êtes coincé juridiquement.

  • Berg690 il y a 5 jours

    Cela fait bien longtemps que j'ai mis le voiles de SFR.

  • yaka73 il y a 5 jours

    DRAHI a dit aujourd hui que quand un client n arrive pas à désactiver une option payante qu il n à pas demandé. ..cela tourne au cauchemar...EN ben j ai expérimenté cela aujourd hui...après 20 minutes d attente l opératrice m à répondu qu elle ne pouvait rien faire..car c etait bloqué. ..et qu il fallait rappeler...DONC Drahi à du souci à se faire....a force de prendre les clients pour des vaches à lait ceux ci se tirent de SFR😆

  • dupon666 il y a 5 jours

    La convergence contenu/contenant c'etait la trouvaille geniale de J2M avec endettement au max...fiasco total pour vivendi??les polytechniciens devraient revoir les bases de la finance

  • dupon666 il y a 5 jours

    maduro est endetté à 35% du PIB....Drahi à 250% du CA

  • aiki41 il y a 5 jours

    Oui M709, comme il a privilégié GE pour Alstom

  • M802641 il y a 6 jours

    C'est évident que faire du LBO à outrance dans une activité comme les Télécoms suppose une stabilisation du business modèle et des revenus pour payer l'endettement. Drahi aurait toutefois renégocié sa dette à taux fixe avec un premier remboursement en 2023. Cela laisse le temps de mettre de l'ordre dans l'affaire et ils en ont besoin pour que l'investissement.réseaux massif porte ses fruits.

  • M7097610 il y a 6 jours

    Dire que Macron a favorisé ce type contre les intérêts de Bouygues...

  • L47fr il y a 6 jours

    bien mal acquis ne profite jamais...Serais curieux de connaître la composition du portefeuille boursier du Sieur Drahi, et surtout, le pays qui l'héberge...

  • M2941863 il y a 6 jours

    Drahi le type qui vit à crédit... il est très loin d'avoir les moyens personnels les banques le finance mais jusqu'à quand...