Alstom-Sauver Belfort passera par la commande de 16 TGV-Sources

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    * Un centre européen de maintenance ferroviaire à Belfort 
    * Alstom produira des autobus électriques à Belfort 
    * Le gouvernement veut éviter un nouveau Florange 
    * Elus locaux et syndicats restent prudents 
 
 (Avec détails, commentaires, contexte) 
    PARIS, 3 octobre (Reuters) - Le plan de sauvetage du site 
Alstom  ALSO.PA  de Belfort, qui sera présenté mardi par le 
secrétaire d'Etat à l'Industrie, comprend une commande publique 
de 16 rames TGV et de leurs 32 motrices, a-t-on appris lundi de 
sources proches du dossier. 
    A 30 millions d'euros la rame et ses deux motrices, cela 
représente un coût de près de 500 millions d'euros, dont on 
ignore à ce stade comment il sera financé ou qui exploitera ces 
nouveaux TGV (la SNCF ou un autre opérateur après l'ouverture à 
la concurrence du transport de passagers). 
    Cela permettra d'assurer deux ans de travail au site de 
Belfort, de quoi combler partiellement un "trou" de trois ans 
dans les carnets de commande du groupe, en 2019-2020-2021, avant 
de retrouver de la visibilité en 2022 grâce au "TGV du futur". 
    Ce site sera par ailleurs transformé par Alstom en centre 
européen de la maintenance ferroviaire, soit un investissement 
de 70 millions d'euros. Le groupe y produira aussi à l'avenir 
des autobus électriques, ajoute-t-on de mêmes sources. 
    Ces deux mesures doivent assurer à plus long terme la 
pérennité du site en constituant un début de diversification. 
    Des appels d'offres et des commandes étaient déjà dans les 
tuyaux mais ne suffisaient pas à garantir la pérennité de 
l'usine de Belfort sans affecter d'autres sites d'Alstom. 
    C'est le cas de la fourniture à la SNCF de six rames de TGV 
pour la liaison Paris-Turin-Milan ou de locomotives de secours 
pour les lignes à grande vitesse, deux dossiers sur lesquels les 
discussions se sont accélérées ces dernières semaines. 
     
    ÉVITER UN NOUVEAU FLORANGE 
    Il y a également des appels d'offres en cours ou à venir 
pour la fourniture de nouvelles rames pour le RER francilien ou 
de trains dit "d'équilibre du territoire". 
    Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, 
présentera mardi à Belfort les propositions du gouvernement aux 
représentants syndicaux d'Alstom et aux élus locaux en présence 
du président du groupe, Henri Poupart-Lafarge. 
    Le gouvernement tentera ainsi d'éviter que le dossier Alstom 
se transforme en piège politique à moins de sept mois de 
l'élection présidentielle de 2017. 
    L'enjeu immédiat est la survie du site historique du groupe, 
spécialisé dans la production de motrices, où 400 emplois sont 
en jeu, à quoi s'ajoutent quelque 800 emplois indirects, selon 
les estimations d'élus locaux. 
    La direction d'Alstom a annoncé le 7 septembre son transfert 
en Alsace pour cause de commandes publiques atones, réveillant 
immédiatement le spectre des hauts-fourneaux de Florange, en 
Moselle, dont le chef de l'Etat, François Hollande, n'a pas 
réussi à empêcher la fermeture définitive, malgré ses promesses. 
    "Mardi, nous sauverons le site d'Alstom à Belfort", a promis 
dimanche le Premier ministre, Manuel Valls, lors du "Grand Jury" 
RTL-Le Figaro-LCI. 
     
    PRUDENCE 
    Les parlementaires du Territoire de Belfort, pourtant 
membres de l'opposition, se montrent plutôt satisfaits de la 
façon dont ils ont été associés à la recherche d'une solution, à 
laquelle les collectivités territoriales participeront aussi par 
le biais d'investissements. 
    "Je pense que le gouvernement a travaillé avec sérieux et 
demain on devrait avoir un certain nombre d'annonces qui vont 
dans le bon sens", a ainsi déclaré à Reuters le député-maire Les 
Républicains de Belfort, Damien Meslot. 
    Les élus locaux interrogés par Reuters se montrent cependant 
prudents et souhaitent la mise en place d'un comité de suivi 
pour garantir que les engagements du gouvernement et d'Alstom 
seront bien mis en oeuvre au-delà de la présidentielle. 
    La même prudence est observée du côté des syndicats. 
    "Il faut que ce soit d'un autre niveau que quelques 
commandes", a ainsi dit à Reuters Claude Mandart, coordinateur 
CFE-CGC. "La diversification est incontournable et il faut 
vraiment une relance de la politique ferroviaire en France." 
    Les discussions engagées depuis début septembre par le 
gouvernement avec la direction d'Alstom et les autres acteurs de 
la filière ferroviaire dépassent le sort de Belfort. 
    Si le groupe, recentré sur ses activités ferroviaires depuis 
la cession de sa branche énergie à General Electric  GE.N , a un 
carnet de commandes de plus de 30 milliards d'euros, il le doit 
à ses commandes internationales et ses activités à l'étranger. 
    En France, où Alstom a environ 9.000 salariés sur quelque 
31.000 personnes employés dans une soixantaine de pays, 
plusieurs sites souffrent de la faiblesse des commandes 
nationales ou de la concurrence d'autres constructeurs. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 

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