Alstom: les fondamentaux tempèrent les doutes actionnariaux.

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(CercleFinance.com) - C'est une gageure : alors que comme l'ensemble des marchés financiers, la Bourse de Paris plie ce midi (- 1,5% pour l'indice SBF 120) après l'élection imprévue de Donald Trump aux Etats-Unis, l'action Alstom défie la gravité en prenant près de 5% aux environs de 25 euros. Sur les comptes semestriels, elle prend ainsi la tête du SBF 120. La qualité des fondamentaux de l'équipementier ferroviaire l'emporterait-elle sur les doutes entourant son tour de table ?

Que retenir des comptes semestriels 2016/2017 publiés ce matin par le groupe ? D'abord un CA de 3,6 milliards d'euros en croissance organique de 7%, comme tel était déjà le cas au premier trimestre.

Cette robuste dynamique semble devoir se maintenir : entre le 1er avril et le 30 septembre, les entrées de commandes ont atteint 6,2 milliards d'euros (+ 66% - sic - en données comparables), ce qui comprend notamment le “méga-contrat” de TGV avec Amtrak. En conséquence, le montant du carnet est porté à 33,6 milliards d'euros, ce qui confère au groupe une visibilité d'environ cinq ans sur son activité.

De plus, le résultat d'exploitation ajusté a progressé nettement plus vite : + 20% à 200 millions d'euros, soit une marge de 5,6%, contre 5,1% un an plus tôt. Et le bénéfice net est repassé dans le vert, à hauteur de 128 millions.

'Ces résultats (...) nous permettent de confirmer les objectifs 2020', a déclaré le PDG Henri Poupart-Lafarge. Soit une croissance organique annuelle moyenne de 5% d'ici 2020, et à cette date un taux de marge de l'ordre de 7%.

Dans un marché du transport ferroviaire réputé concurrentiel, et à l'inverse de ce que le récent psychodrame politique du site de Belfort laisse supposer, Alstom est un groupe bien-portant. Il n'a pas besoin que l'Etat vienne à la rescousse, ce qui est déjà arrivé deux fois depuis le début du siècle. Et ses perspectives paraissent porteuses.

Bref, les fondamentaux d'Alstom sont bien orientés. Les analystes de Société Générale les saluent ainsi ce matin : “cette performance semestrielle renforce notre perception de la qualité du modèle économique du groupe et augure bien de la réalisation des ambitions formulées à l'horizon 2020”.

Et pourtant, depuis le début de l'année et malgré sa reprise récente, l'action Alstom perd toujours environ 12%, contre - 5% pour le SBF 120. Ce qu'il est tentant de mettre sur le compte des incertitudes entourant le tour de table du groupe : premier actionnaire avec 28,3% du capital, Bouygues n'a pas l'air de vouloir le rester. Il a prêté (à titre gracieux) à l'Etat la majorité des droits de vote associés à ses actions Alstom, ce qui est assorti d'options d'achats compliquées dont celle en cours arrive à échéance début octobre 2017, à un cours de l'ordre de 35 euros.

De son côté, l'Etat peut certes acheter les titres qu'il loue actuellement à Bouygues, mais le prix de l'option est pour l'heure dissuasif et surtout, il ne s'agit que d'une faculté. Bref, Bouygues veut sortir du capital d'Alstom, et l'Etat, lui, n'a que la possibilité d'y entrer, pas l'obligation. Une incertitude majeure dont, cependant, le terme se rapproche. Et que les fondamentaux d'Alstom pourrait progressivement reléguer au second plan.

EG


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