Alstom-Le sauvetage de Belfort, enjeu de la campagne 2017

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    * Un rappel de l'échec de Florange 
    * Sapin évoque des problèmes de fond et de forme 
    * Alstom rappelle son engagement de reclasser 
 
 (Actualisé avec autres citations et contexte) 
    PARIS, 12 septembre (Reuters) - François Hollande a fixé 
lundi l'objectif de sauver les activités ferroviaires d'Alstom 
 ALSO.PA  à Belfort, scellant l'immixtion de ce dossier 
industriel dans la campagne pour l'élection présidentielle du 
printemps 2017. 
    Pour le président, le sauvetage du site historique du groupe 
désormais détenu à 20% par l'Etat fait écho à l'incapacité de 
son gouvernement à sauver les hauts-fourneaux sidérurgiques de 
Florange, devenue pour une partie de la gauche le symbole de 
l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison. 
    Fidèle du chef de l'Etat, le ministre de l'Economie, Michel 
Sapin, a donné une coloration très politique à cet objectif 
après une réunion interministérielle sur le sujet à l'Elysée. 
    "Nous allons travailler de manière à redonner de l'espoir 
aux salariés. Mais pas de l'espoir pour de l'espoir, pour la 
réalité des choses : du travail pour ceux qui aujourd'hui sont 
inquiets pour leur avenir", a-t-il dit à des journalistes. 
    Lors de la réunion, qui s'est tenue en présence également du 
Premier ministre, Manuel Valls, de Christophe Sirugue 
(Industrie) et d'Alain Vidalies (Transports), "le président de 
la République nous a fixé un objectif : celui de faire en sorte 
qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient 
maintenues", a-t-il ajouté. 
    "C'est à cet objectif là que nous allons travailler, avec 
les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction 
d'Alstom et avec l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer 
un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre 
d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les 
activités ferroviaires d'Alstom à Belfort." 
    Ces discussions auront lieu cette semaine, a-t-il précisé. 
    Alstom a annoncé la semaine dernière le transfert d'ici fin 
2018 de la production de trains et du bureau d'études de Belfort 
vers son site de Reichshoffen (Alsace), en précisant que les 400 
salariés concernés, sur les 480 de Belfort, se verraient 
proposer un reclassement. 
     
    L'EXÉCUTIF CRITIQUE LA DIRECTION 
    Comme le site ArcelorMittal  ISPA.AS  de Florange, le 
dossier Alstom a provoqué d'importantes tensions au sein du 
gouvernement lors du rachat de ses activités énergie par General 
Electric  GE.N . 
    Arnaud Montebourg, alors chargé de l'industrie, avait là 
encore prôné une solution alternative - pour Florange, il avait 
bataillé pour une nationalisation à laquelle le Premier ministre 
de l'époque, Jean-Marc Ayrault, s'était opposé. 
    Débarqué quelque temps après du gouvernement, il s'est 
depuis déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2017. 
    A l'occasion de la scission d'Alstom, l'Etat est entré à 
hauteur de 20% du capital d'un groupe désormais recentré sur les 
activités ferroviaires. 
    Michel Sapin a critiqué lundi la direction d'Alstom, en 
soulignant qu'il y avait, en plus du problème de fond, des 
"problèmes de forme : nous avons dit déjà aux responsables de 
cette entreprise combien la manière de faire était 
inadmissible".     
    Manuel Valls s'était dit dimanche convaincu de pouvoir 
"sauver" Alstom à condition que les dirigeants du groupe "jouent 
pleinement leur rôle". L'ex-ministre de l'Economie, Emmanuel 
Macron, a quant à lui assuré qu'il n'avait jamais été question 
d'un arrêt de la production à Belfort dans les discussions entre 
les dirigeants et l'Etat actionnaire.   
    Une porte-parole d'Alstom n'a fait aucun commentaire sur les 
déclarations de Michel Sapin. 
    "Nous avons présenté un projet qui fait suite à un contexte 
que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de 
commandes, etc.)", a-t-elle dit. "Il s'agit d'un transfert de 
400 personnes en France. On se donne deux ans pour étudier 
chaque cas."  
    Le Front national a jugé lundi dans un communiqué que "les 
difficultés d'Alstom tiennent à deux éléments qui s'additionnent 
: un grand désintérêt de la part de l'Etat et l'interdiction en 
France du patriotisme économique". 
    Nicolas Sarkozy, qui se targue d'avoir sauvé Alstom en 2004 
lorsqu'il était ministre de l'Economie en faisant accepter par 
la Commission européenne un plan de sauvetage, estime quant à 
lui qu'Emmanuel Macron n'avait "rien fait" pour l'entreprise. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Cyril Altmeyer, édité par Yves 
Clarisse) 
 

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  • dotcom1 il y a 6 mois

    Voilà ce qui arrive aux gouvernements qui n'écoutent pas les cris de détresse des entreprises.

  • M940878 il y a 6 mois

    moi qui croyait que c'était l'inversion de la courbe du chômage en 2013 !