Alstom-Le gouvernement assure qu'une solution est en vue

le , mis à jour à 18:03
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    * Valls réaffirme que le site de Belfort sera pérennisé 
    * Un courrier interne du PDG a relancé la polémique 
    * Le groupe et le Premier ministre assurent qu'il est 
dépassé 
    * Plusieurs milliards d'euros de contrats en négociation 
    * Alstom devra cependant se montrer compétitif pour les 
emporter 
    * Un rapprochement avec Siemens ou Bombardier pas 
d'actualité 
 
 (Actualisé avec syndicats, maire de Belfort) 
    PARIS, 13 septembre (Reuters) - Manuel Valls a assuré mardi 
qu'une solution serait trouvée pour sauver le site d'Alstom 
 ALSO.PA  à Belfort et s'est efforcé de calmer les esprits après 
la diffusion d'un message interne du PDG du groupe, qui a été 
perçu comme une provocation. 
    Les dirigeants d'Alstom "doivent oublier toute idée de 
fermer" ce site et peuvent compter sur l'aide de l'Etat, a dit 
le Premier ministre lors d'un déplacement à Verdun (Meuse). 
    "Nous sommes sur la bonne voie", a-t-il ajouté. "Il ne peut 
pas y avoir de bras de fer puisque ce site sera pérennisé et 
j'ai le sentiment qu'un certain nombre de déclarations qui ont 
été faites ce matin ne sont plus à l'ordre du jour."  
    Il faisait allusion à un courrier du PDG d'Alstom distribué 
mardi matin aux salariés du groupe. Henri Poupart-Lafarge y juge 
"impossible d'assurer un avenir pérenne pour les activités du 
site de Belfort" et évoque leur transfert sur le site alsacien 
de Reichshoffen, lui-même en difficulté. 
    La direction a fait savoir que ce message avait été écrit le 
week-end dernier et envoyé "pour des raisons internes" mais ne 
constituait pas "une réponse aux annonces du gouvernement". 
    Selon le maire de Belfort, Damien Meslot, le PDG d'Alstom a 
d'ailleurs déclaré mardi lors d'une réunion au ministère de 
l'Economie qu'il y avait des "marges de manoeuvre, des 
possibilités de discussions".   
    Les syndicats d'Alstom ont été reçus mardi par le secrétaire 
d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, qui s'est engagé à les 
recevoir de nouveau d'ici la fin septembre pour leur faire des 
propositions sur l'avenir de leur usine.   
    Peu avant, François Hollande a mis la pression sur la 
direction, en marge d'une visite à Bucarest, pour sauver les 400 
emplois en jeu à Belfort sur les 9.000 du groupe en France. 
    "Je l'assure ici, tout sera fait pour que le site de Belfort 
puisse être pérennisé (...) pour de nombreuses années", a dit le 
chef de l'Etat lors d'une conférence de presse.   
     
    ÉVITER UN NOUVEAU FLORANGE 
    Ce bras de fer entre le gouvernement et la direction d'un 
groupe dans lequel l'Etat est souvent intervenu et a 20% des 
droits de vote, s'est invité dans la campagne pour l'élection 
présidentielle de 2017, comme le dossier Florange en 2012. 
    Malgré les promesses du candidat Hollande, le successeur de 
Nicolas Sarkozy à l'Elysée n'a pas pu sauver les hauts-fourneaux 
d'ArcelorMittal  ISPA.AS  sur ce site lorrain. 
    Pour éviter la réédition de cet épisode à moins de huit mois 
de l'échéance de 2017, le gouvernement fait le forcing pour 
tenter de remplir les carnets de commande d'Alstom. 
    Selon le secrétaire d'Etat aux Transports, il s'agit de 
combler un "trou d'air" pour les années 2019-2020-2021, avant de 
retrouver de la "visibilité" en 2022 grâce au TGV du futur. 
    Ce trou d'air est notamment dû à la perte d'un contrat avec 
la société de location de locomotives Akiem, filiale à 50% de la 
SNCF, gagné par l'allemand Vossloh. Alstom était 15% plus cher, 
selon Alain Vidalies.  
    Ce trou peut être comblé "par un certain nombre de dossiers 
en cours, pour lesquels on aura la réponse d'ici deux mois", 
a-t-il confié à des journalistes reçus à son ministère. 
    "Je trouve assez incompréhensible que la direction n'ait pas 
attendu d'avoir l'ensemble de ces éléments avant de donner sa 
position", a ajouté Alain Vidalies, qui a énuméré cinq pistes. 
    Une négociation est ainsi en cours entre la SNCF et Alstom 
sur la fourniture de six rames de TGV et 12 motrices pour la 
ligne Paris-Turin-Milan. 
    Selon Alain Vidalies, ce contrat d'environ 200 millions 
d'euros représenterait 10 mois d'activité pour Belfort mais la 
SNCF et Alstom ne se sont pas entendus sur le prix. Il évalue à 
10% la différence entre les propositions des deux parties. 
    "Le constat d'échec a été quasiment concomitant avec 
l'annonce sur Belfort", a dit Alain Vidalies, qui invite la SNCF 
et Alstom "à reprendre la négociation et à se mettre d'accord."  
     
    RAPPROCHEMENT AVEC SIEMENS OU BOMBARDIER PAS D'ACTUALITÉ 
    La RATP a lancé un appel d'offre pour 12 motrices de 
chantier, afin de remplacer du matériel vieux de 40 ans. Alstom, 
pour qui cela représenterait six mois d'activité à Belfort, a au 
moins un concurrent, que le secrétaire d'Etat n'a pas nommé.   
    Mais surtout, Alstom est sur les rangs pour un appel d'offre 
lancé par le syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) 
portant sur 250 à 274 rames de RER de nouvelle génération, un 
contrat à 3,5 milliards d'euros. 
    "On est en phase d'examen des réponses", a précisé Alain 
Vidalies, selon qui Alstom a deux concurrents. "Cela n'entre pas 
directement dans la production de Belfort mais si Alstom gagne 
ce marché, il ne me paraît pas complètement impossible que de 
l'ingénierie soit rapatriée sur Belfort." 
    Alain Vidalies lancera lui-même à la fin de l'année un appel 
d'offre pour un contrat d'un milliard d'euros portant sur une 
trentaine de rames de trains régionaux pour les lignes dites 
"structurantes", intermédiaires entre les TGV et les TER. 
    Il ne cache pas que les spécifications, notamment en matière 
de vitesse (200 km/h) ont été choisies pour permettre à Alstom 
de concourir. Selon lui, si le gouvernement avait retenu 220 
km/h, le groupe français aurait de facto été exclu. 
    Enfin, il a confirmé la commande de 30 autres trains TER.  
    Il a en revanche écarté un rapprochement à court terme entre 
Alstom et le canadien Bombardier  BBDb.TO  ou l'Allemand Siemens 
 SIEGn.DE  : "Il y a un problème de taille dans la compétition 
mondiale (...) mais le regroupement n'est pas très évident. Ça 
reste des options mais elles ne sont pas très avancées." 
 
 (Simon Carraud et Emmanuel Jarry, avec service France, édité 
par Yves Clarisse) 
 

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