Alstom-Le gouvernement accusé d'avoir ignoré les avertissements

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    * "Le gouvernement savait tout", accuse Montebourg 
    * Le dossier Alstom s'est invité dans la campagne 
présidentielle 
    * Le gouvernement fait le forcing pour trouver une solution 
 
    PARIS, 14 septembre (Reuters) - L'ancien ministre de 
l'Economie Arnaud Montebourg a accusé mercredi le gouvernement, 
dont il a fait partie pendant plus de deux ans, d'avoir ignoré 
les avertissements pour le site Alstom  ALSO.PA  de Belfort, 
accusations dont se défend l'exécutif. 
    Le sort de ce site, dont le groupe a annoncé la semaine 
passée le transfert des activités en Alsace, s'est invité dans 
la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, à laquelle 
cette figure de la gauche du PS s'est déclaré candidat.  
    Lors d'un déplacement à Belfort, l'ancien ministre, démis en 
août 2014 de ses fonctions en raison de désaccords avec le chef 
de l'Etat, François Hollande, a déclaré que l'exécutif était au 
courant des risques pesant sur le site de Belfort. 
    "A l'évidence, le gouvernement savait tout, je regrette 
qu'il n'ait rien fait", a dit Arnaud Montebourg. 
    Une accusation également portée par des élus locaux de 
droite mais de nouveau réfutée mercredi par le gouvernement. 
    Son porte-parole, Stéphane Le Foll, leur a répondu lors du 
compte rendu du conseil des ministres. 
    "Chacun avait parfaitement conscience des difficultés que 
pouvait rencontrer Alstom sur la question de la production de 
locomotives en France", a-t-il dit. 
    "Mais l'information concernant la fermeture du site de 
Belfort n'a pas été donnée au gouvernement et n'a même pas été 
présentée à un conseil d'administration."  
    Stéphane Le Foll a rappelé que l'Etat, qui dispose de 20% 
des droits de vote au sein d'Alstom, se donnait dix jours pour 
trouver des solutions afin de sauver le site de Belfort, où 400 
emplois sont en jeu sur les 9.000 du groupe en France. 
    "Il y a dix jours pour peaufiner le plan, donner des 
perspectives et négocier avec l'entreprise. C'est ce qu'a 
rappelé le président de la République ce matin", a-t-il dit. 
    A moins de huit mois de l'élection présidentielle, ce 
dossier fait écho à l'échec du sauvetage des hauts-fourneaux de 
Florange, devenu pour une partie de la gauche le symbole de 
l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison. 
     
    COURRIERS 
    Comme le sort du site mosellan d'ArcelorMittal  ISPA.AS , le 
dossier Alstom a provoqué des tensions au gouvernement lors du 
rachat de ses activités énergie par General Electric  GE.N . 
    Pour Florange, Arnaud Montebourg avait bataillé pour une 
nationalisation, à laquelle le Premier ministre de l'époque, 
Jean-Marc Ayrault, s'était opposé. Pour Alstom, il souhaitait un 
rapprochement avec l'allemand Siemens  SIEGn.DE . 
    Son successeur à Bercy, Emmanuel Macron, a assuré qu'il 
n'avait jamais été question d'arrêter la production à Belfort 
dans les discussions entre les dirigeants du groupe et l'Etat. 
    "J'ai moi-même vu les responsables d'Alstom en juillet, qui 
ne m'en ont absolument pas parlé", a déclaré samedi à Reuters 
cet autre ex-ministre, qui s'était engagé en mai 2015 à ce qu'il 
n'y ait ni plan social ni licenciements à Belfort.   
    Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, assure 
que les alertes concernaient surtout le site de Reichshoffen, où 
Alstom a annoncé vouloir délocaliser les activités de Belfort. 
    Dans trois courriers adressés au gouvernement entre juin 
2015 et février 2016 et obtenus par Reuters, 11 élus locaux 
s'inquiètent de l'impact d'un retard du renouvellement du parc 
des trains intercités sur l'activité de six sites du groupe. 
    Ces sites, dont ceux de Belfort et Reichshoffen, "pourraient 
connaître de graves difficultés dans les années à venir, mettant 
en péril des milliers d'emplois à partir de 2017", écrivent-ils 
ainsi le 17 juin 2015. Ils contestent notamment la procédure 
d'appel d'offres, plus longue, choisie par le gouvernement. 
    Une procédure défendue dans sa réponse, datée du 24 mars 
2016, par A1ain Vidalies, qui invoque "les risques juridiques 
majeurs associés à la solution d'un avenant au marché existant 
entre la SNCF et Alstom", plus rapide. 
    La direction d'Alstom justifie le transfert des activités du 
site de Belfort, spécialisé dans la production de motrices, par 
un trou dans le carnet de commandes du groupe pour les années 
2019-2020-2021, en attendant le lancement du TGV du futur. 
    François Hollande et le gouvernement se sont engagés à 
trouver des solutions pour combler ce trou.     
    Les quatre syndicats représentatifs d'Alstom appellent à 
débrayer le 27 septembre sur l'ensemble des sites du groupe en 
France.     
 
 (Jean-Baptiste Vey et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • M9941825 il y a 3 mois

    En plud de l'intervention de l'ETAT , une bonne grêve va solutionner le problème = tous aux abris