Alliance en vue entre Dexia et La Banque postale 

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INFO LE FIGARO - Les deux banques pourraient créer une filiale commune dédiée au financement des collectivités locales. 

Une alliance entre La Banque postale et Dexia ? Dexia en rêve. La Banque postale n'en veut pas. Jusque-là, l'affaire en était restée là. Mais, depuis peu, le dossier est reparti de plus belle. « Il est extrêmement avancé. Il y a désormais un alignement de vues entre l'État, Dexia, La Poste et la Caisse des dépôts, futur actionnaire de La Poste  », relate un proche du dossier.

Les négociations entre la Caisse des dépôts et l'État autour de l'augmentation de capital de La Poste ont, en fait, servi de catalyseur. Lors de la réunion à Bercy d'arbitrage présidée mi-septembre par Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, sur la valorisation de l'établissement postal, le projet Dexia-Banque postale a ainsi été évoqué.

Le partenariat stratégique à l'étude consiste à créer une coentreprise entre Dexia et La Banque postale, destinée à servir la clientèle des collectivités locales. Dexia, grand spécialiste du métier, aurait évidemment vocation à assurer la logistique et la production des prêts. La Banque postale, elle, assurerait une partie du refinancement sur la base d'accords pluriannuels. Les promoteurs de ce projet font valoir deux avantages.

Le premier est de nature politique. Dexia, pris de plein fouet par la crise il y a deux ans, est depuis obligé de réduire ses financements aux collectivités locales. Même si d'autres réseaux, comme les Caisses d'épargne, se positionnent en alternative, cette stratégie malthusienne fait grincer des dents certains maires et autres présidents de régions. Permettre à La Banque postale d'entrer dans ce marché apporterait une importante bouffée d'oxygène aux emprunteurs locaux.

 

«Brancher» Dexia 

 

Autre intérêt, sécuriser définitivement Dexia, en le «branchant» enfin sur un réseau excédentaire en ressources. Le groupe franco-belge dirigé par Pierre Mariani poursuit depuis deux ans une restructuration à marche forcée. Mais il doit faire face à un véritable mur de refinancement. De plus, depuis juin, il a perdu la bouée de sauvetage que constituait la garantie des États pour ses émissions. Certes, son programme pour 2010 a déjà été réalisé. Mais pour les échéances de 2011, Dexia reste vulnérable aux humeurs des marchés obligataires qui, depuis le début de l'année et les soubresauts de la crise grecque, ont connu plusieurs semaines durant lesquelles il était impossible à un émetteur de lever des capitaux.

Pour La Banque postale, ce partenariat lui permettrait d'entrer en force sur un nouveau marché. Et gonflerait ses résultats puisque ses excédents de ressources seraient placés sur des produits plus rémunérateurs. Mais ce sont autant de moyens que Patrick Werner, le président du directoire et artisan du développement de La Banque postale, ne pourra pas mettre au service de l'offensive qu'il privilégiait, sur la clientèle des entreprises.

Au final, si l'on est très loin du scénario d'une très «grande financière publique» évoqué fin 2008-début 2009, ce partenariat - s'il se concrétise - s'avère très structurant dans le paysage bancaire français. Après deux ans de pause dans la consolidation, les grandes manœuvres pourraient bien repartir.

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