Allergan et Pfizer confirment discuter fusion

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PFIZER ET ALLERGAN DISCUTENT D'UN RAPPROCHEMENT
PFIZER ET ALLERGAN DISCUTENT D'UN RAPPROCHEMENT

par Bill Berkrot et Ransdell Pierson

NEW YORK/LONDRES (Reuters) - Allergan et Pfizer ont déclaré jeudi qu'ils avaient ouvert des discussions amicales en vue d'une fusion éventuelle, qui, si elle se concrétisait, créerait le plus important groupe pharmaceutique mondial.

Le laboratoire basé en Irlande, qui avait fusionné en mars avec Actavis, a ajouté qu'il n'était en rien acquis que les discussions débouchent sur un accord et, tout comme Pfizer, n'a rien dit des conditions susceptibles d'arriver à un compromis. Pfizer a souligné qu'aucun accord n'avait été conclu.

S'exprimant lors d'une manifestation parrainée par le Wall Street Journal, le directeur général de Pfizer Ian Read avait dit un peu auparavant ce jeudi qu'il examinait diverses stratégies de croissance, dont une alliance "pour autant qu'elle donne de la valeur aux actionnaires".

Allergan, qui avait vendu en juillet ses génériques à Teva Pharmaceutical Industries pour 40,5 milliards de dollars (37 milliards d'euros), a dit par ailleurs qu'il restait fermement décidé à boucler cette transaction au premier trimestre 2016.

Le rapprochement éventuel des deux laboratoires, rapporté initialement par le Wall Street Journal et le Financial Times, aboutirait à la création d'une entité représentant une capitalisation boursière d'environ 330 milliards de dollars (301 milliards d'euros), ravissant la première place à Johnson & Johnson et ses 278 milliards de dollars.

Pfizer avait tenté en vain de prendre le contrôle d'AstraZeneca l'an dernier. L'offre du géant américain sur le groupe anglo-suédois était principalement motivée par une volonté d'optimisation fiscale par le biais d'un transfert du siège du groupe des Etats-Unis au Royaume-Uni.

Un rachat du fabricant du Botox pourrait présenter le même type d'avantages, puisque son siège mondial est à Dublin et son siège administratif aux Etats-Unis.

Mais cette opération pourrait se heurter à la modification de la réglementation fiscale effectuée par les autorités américaines pour lutter contre cette pratique d'"inversion fiscale", qui a déjà provoqué l'abandon par le laboratoire américain AbbVie de son OPA sur l'irlandais Shire.

La reprise éventuelle d'Allergan permettrait à Pfizer, premier laboratoire pharmaceutique américain, de lutter contre l'érosion de ses ventes et de se renforcer dans la dermatologie et les génériques. Pfizer passe aussi pour un acquéreur potentiel de GlaxoSmithKline et de Shire.

Pour Tim Anderson, analyste chez Bernstein, Allergan constitue une cible appropriée pour Pfizer, d'autant plus que la récente correction du marché l'a rendu attrayante en termes de valorisation.

Le secteur pharmaceutique est actuellement en pleine consolidation, les principaux acteurs du marché tentant de ce recentrer sur un nombre restreint d'activités qu'ils dominent tandis que les génériqueurs souhaitent se rapprocher de la taille critique et mettre la main sur des produits présentant des marges supérieures.

(Avec Natalie Grover, Christian Plumb, Ben Hirschler et Deena Beasley; Myriam Rivet et Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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