Allemagne-Un tribunal bloque une fusion, revers pour Gabriel

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    par Matthias Inverardi et Gernot Heller 
    DUSSELDORF, 12 juillet (Reuters) - Un tribunal de Dusseldorf 
a invalidé mardi une décision du ministre de l'Economie Sigmar 
Gabriel qui autorisait Edeka, première chaîne de supermarchés 
allemande, à racheter les épiceries Kaiser's, propriété du 
groupe de distribution Tengelmann. 
    Sigmar Gabriel avait donné son blanc seing à la fusion en 
mars, pour autant qu'aucun emploi ne soit supprimé. Mais pour la 
cour, qui fustige le "manque de neutralité du ministre" et sa  
"partialité", protéger l'emploi n'est pas équivalent à protéger 
l'intérêt général. 
    Sigmar Gabriel était lui-même passé outre une décision de 
l'Office des cartels qui déclarait nulle la fusion l'an dernier. 
L'organisme de défense de la concurrence estimait que la fusion 
restreindrait la concurrence dans les grandes villes allemandes 
et aboutirait à une hausse des prix . 
    Le ministre social-démocrate (SPD) craint que la décision du 
tribunal ne soit synonyme de pertes d'emplois et ne pousse 
Tengelmann à céder des points de vente. 
    "Je déplore vraiment cette décision car elle induit le 
danger latent de pertes d'emplois et de voir les actifs de 
Tengelmann liquidés", a dit Sigmar Gabriel à Reuters, ajoutant 
que l'accuser de partialité était "absurde". 
    Karl-Erivan Haub, le patron de Tengelmann, a laissé entendre 
que le jugement risquait de signifier la fin de la chaîne 
déficitaire Kaiser's, laquelle emploie 16.000 salariés, encore 
qu'un appel reste possible. 
    Edeka, Rewe  REGPR.UL , Aldi  ALDIEI.UL  et le groupe 
Schwarz, propriétaire de la chaîne Lidl  LIDUK.UL , représentent 
85% d'un marché allemand dont la part détenue par Kaiser's n'est 
que de 0,6%. 
    "La partialité évoquée par le tribunal, aucune des parties 
concernées n'en a manifesté la moindre trace", explique le 
ministre de l'Economie dans un communiqué, ajoutant qu'il était 
incompréhensible que la cour n'ait pas jugé que les droits des 
salariés relevaient de l'intérêt général. 
    Le ministère a dit qu'il étudierait le jugement et les 
suites à y donner. 
    Edeka, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 48,4 
milliards d'euros, a déclaré qu'il examinait les recours 
possibles.  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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