Allemagne-Ryanair met la pression sur Eurowings et Lufthansa

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    * Débuts difficiles pour Eurowings, filiale low-cost de 
Lufthansa 
    * Ryanair veut quadrupler sa part de marché en Allemagne en 
5 ans 
 
    par Victoria Bryan 
    BERLIN, 1er février (Reuters) - Ryanair  RYA.I  devrait 
transporter plus de passagers que la Lufthansa  LHAG.DE  cette 
année pour la première fois, mettant la pression sur la 
compagnie allemande qui peine à imposer sa nouvelle filiale 
Eurowings sur le marché du low-cost. 
    Lufthansa a déjà commencé à pénétrer ce segment du marché 
avec sa marque Germanwings, dont le nom va disparaître avec son 
intégration à Eurowings. 
    Germanwings, dont la réorganisation était programmée avant 
même la catastrophe aérienne de mars dernier due au suicide d'un 
copilote, devrait réaliser un bénéfice cette année pour la 
première fois de son histoire. Mais ses coûts restent trop 
élevés pour concurrencer sérieusement easyJet  EZJ.L  ou 
Ryanair, qui a transporté 101 millions de passagers l'an dernier 
contre 108 millions pour la Lufthansa. 
    Lufthansa espère ramener ses coûts au niveau de ceux 
d'easyJet en imposant des contrats de travail plus flexibles à 
son personnel, en remplaçant ses avions de transport régional 
par des Airbus A320 à plus grande capacité et en limitant les 
services à bord. 
    "Eurowings est crucial pour Lufthansa. L'expérience 
Germanwings n'a pas marché parce que ce n'était pas assez 
low-cost, mais Eurowings devrait avoir une plus grande 
flexibilité en matière sociale et des coûts unitaires plus bas", 
déclare Jonathan Wober, analyste au CAPA-Centre for Aviation. 
    Les enjeux sont importants alors que le marché allemand du 
low-cost, longtemps à la traîne, semble sur le point de décoller 
enfin grâce à la croissance robuste de l'économie et au bas 
niveau des prix du pétrole. 
    Avec Eurowings, Lufthansa espère imposer des réductions de 
coûts à son personnel comme a réussi à le faire IAG  ICAG.L , la 
maison mère de British Airways, dans un marché hautement 
concurrentiel. 
    Mais les débuts d'Eurowings ont été gâchés par une série de 
contretemps, notamment un retard de 68 heures pour un vol de 
Cuba, qui ont contraint la compagnie à indemniser des clients 
furieux. 
    "Pour être honnête cela ne s'est pas bien passé mais nous 
faisons maintenant tout notre possible pour stabiliser la 
situation", a dit un porte-parole, en soulignant que l'avenir 
d'Eurowings n'était pas remis en question. 
     
    CULTURE D'ENTREPRISE 
    Les compagnies low-cost ne détiennent que 25% du marché 
allemands des court-courriers, contre 50% dans des pays comme le 
Royaume-Uni, l'Espagne ou l'Italie. 
    Les frais élevés demandés par les aéroports allemands et la 
domination traditionnelle de Lufthansa et d'Air Berlin  AB1.DE , 
qui contrôlent environ 60% du segment des vols court-courriers 
dans le pays, ont jusqu'ici contenu les ardeurs de Ryanair et 
d'easyJet. 
    Mais Air Berlin supprime des liaisons dans le cadre de sa 
restructuration et la réorganisation de Lufthansa se fait aussi 
au détriment de certains aéroports, qui du coup se montrent plus 
coopératifs envers les compagnies étrangères. 
    "Des aéroports (...) travaillent activement avec nous et 
d'autres, nous demandant de venir", a déclaré Michael O'Leary, 
le directeur général de Ryanair, en marge d'une conférence à 
Amsterdam le mois dernier. 
    La compagnie irlandaise vise une part de marché de 15-20% en 
Allemagne sur les cinq prochaines années, contre 5% 
actuellement. 
    Outre Ryanair et easyJet, les deux premières compagnies 
low-cost en Europe, d'autres concurrents plus petits veulent 
aussi leur part du gâteau comme Vueling (groupe IAG), Transavia 
(groupe Air France-KLM  AIRF.PA ), Wizz Air  WIZZ.L  ou 
l'islandais Wow Air. 
    Pour Jonathan Wober, l'analyste de CAPA, Lufthansa devra 
réussir avec Eurowings à imprimer une nouvelle culture 
d'entreprise comme a su le faire Willie Walsh, le patron d'IAG, 
en regroupant Iberia et British Airways puis en leur ajoutant 
Vueling, acquise en 2013. 
    "Vueling nous a apporté une nouvelle dimension, (...) une 
culture du low-cost. Cela apporte énormément à IAG", a dit ce 
dernier lors d'un déplacement à Dublin en janvier. 
    Lufthansa, qui a essuyé une série de grèves de ses pilotes 
et de son personnel de cabine ces deux dernières années, compte 
embaucher 4.000 nouveaux collaborateurs cette année, dont 240 
pilotes -- parmi lesquels 140 voleront sur Eurowings. 
    "C'est un moyen de dire au personnel en place que la 
direction ira jusqu'au bout de son projet et prendra d'autres 
personnes avec des contrats plus flexibles", veut croire 
Jonathan Wober. 
    Mais d'autres mettent en doute la stratégie de Lufthansa 
consistant à proposer des vols long-courriers à des prix 
imbattables en plus de son offre traditionnelle. "Les avions 
d'aujourd'hui sont encore trop chers pour ce modèle économique", 
dit Philipp Goedeking, du cabinet de conseil Avinomics. 
    Norwegian Air  NWC.OL  propose également des vols longue 
distance mais avec des Boeing 787  BA.N  neufs, quand Eurowings 
utilise des Airbus A330 d'occasion. 
    "On ne peut pas faire un service long-courrier profitable 
avec de vieux avions", a déclaré à Reuters Bjørn Kjos, le 
directeur général de la compagnie norvégienne. 
 
 (avec la contribution de Peter Maushagen, Véronique Tison pour 
le service français) 
 

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