Allemagne-"Non à Pegida", disent 50 célébrités dans Bild

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(actualisé avec appel de Bild contre Pegida) par Oliver Barth DRESDE, Allemagne, 6 janvier (Reuters) - Une cinquantaine de personnalités du monde politique, du monde des spectacles et de la société civile allemande signent mardi dans le journal à grand tirage Bild un appel à barrer la route à la montée de la xénophobie, au lendemain de manifestations qui ont rassemblée des milliers de personnes contre l'immigration en provenance de pays musulmans. Parmi les signataires de l'appel contre le mouvement anti-immigration Pegida figurent les anciens chanceliers Helmut Schmidt et Gerhard Schröder, ou encore le chanteur Udo Lindenberg, des présentateurs vedettes ou encore des représentants du monde des sports ou de l'Eglise. Bild publie cet appel, titré "Non à Pegida", en première page et consacre ses pages 2 et 3 à des citations des 50 personnalités et autres célébrités qui le signent. "Ils disent 'non' à la xénophobie et 'oui' à la diversité et à la tolérance", déclare dans un commentaire le rédacteur en chef adjoint de Bild, Bela Anda. "Pegida recourt à des préjugés dénués de sens, appelle à la xénophobie et à l'intolérance", écrit pour sa part Helmut Schmidt, 96 ans. "L'histoire et la logique économique nous enseignent que l'Allemagne ne doit pas rejeter les réfugiés et demandeurs d'asile", ajoute celui qui a dirigé l'Allemagne de 1974 à 1982. Des manifestants ont défilé dans plusieurs villes d'Allemagne lundi soir à l'appel de Pegida, défiant l'appel de la chancelière Angela Merkel à rejeter ces rassemblements, qu'elle a qualifiés de racistes. Dix-huit mille personnes, soit le plus grand nombre de participants à ce jour, se sont rassemblées dans les rues de Dresde, à l'appel du mouvement "Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident" (Pegida). De tels rassemblements sont devenus quasiment hebdomadaires ces derniers mois dans cette ville de l'est de l'Allemagne. NON AUX "DONER KEBABS" Dans d'autres villes, comme Berlin ou Cologne, le nombre de contre-manifestants, qui accusent Pegida d'attiser racisme et intolérance, a été en revanche bien plus important que celui des partisans de Pegida. A Cologne, ville qui compte une population musulmane importante, on comptait lundi soir dix fois plus de contre-manifestants que de participants au rassemblement de Pegida. A Berlin, les contre-manifestants étaient 5.000, contre 400 participants au rassemblement organisé par Pegida, selon la police. La cathédrale de Cologne avait éteint ses lumières pour protester contre les rassemblements antimusulmans. De même, à Berlin, la porte de Brandebourg a été éteinte, là aussi en signe de protestation. Les manifestants de Pegida brandissaient des drapeaux allemands et des banderoles avec des slogans comme "Contre le fanatisme religieux et toute forme de radicalisme". Une des banderoles déployées à Cologne réclamait "des pommes de terre plutôt que des doner kebabs", allusion aux Turcs de souche qui sont dans les trois millions en Allemagne, où ils forment la plus importante communauté immigrée. Dans son message du Nouvel an, Angela Merkel avait exhorté les Allemands à rejeter les manifestations anti-musulmans, estimant qu'elles étaient animées avant tout par la haine. "Nous devons dire(...)que l'extrémisme de droite, l'hostilité envers les étrangers et l'antisémitisme ne doivent avoir aucune place dans notre société", a redit la chancelière, lundi, à Neustrelitz dans l'est de l'Allemagne. (avec Boris Berner et Erik Kirschbaum à Berlin; Eric Faye pour le service français)

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  • a.guer le mardi 6 jan 2015 à 11:56

    partout la même déconnection entre le peuple et ses "élites" ...

  • cavalair le mardi 6 jan 2015 à 11:56

    Pegida....Le FN il y a vingt ans....nous verrons dans 20 ans