Allemagne-Merkel accusée d'exposer l'UE à un chantage turc

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    par Michelle Martin 
    BERLIN, 15 mai (Reuters) - Plusieurs responsables politiques 
allemands ont accusé ce week-end la chancelière Angela Merkel de 
rendre l'Europe dépendante de la Turquie par sa gestion de la 
crise des migrants et d'exposer l'Union européenne à un chantage 
du président turc, Recep Tayyip Erdogan.  
    Ankara, qui refuse de modifier ses lois antiterroristes pour 
les mettre en conformité avec les règles européennes, a déclaré 
vendredi que les discussions en vue d'un accord sur la levée des 
visas pour les ressortissants turcs se rendant dans l'UE en 
échange de l'arrêt des flux de réfugiés et migrants vers l'UE 
étaient dans l'impasse, et a réclamé à Bruxelles une "nouvelle 
formule" pour sauver cet accord.  
    Angela Merkel, dont la popularité en Allemagne a souffert 
ces derniers mois de sa décision d'accueillir plus d'un million 
de réfugiés et migrants, a été à la pointe des discussions sur 
ce projet d'accord, conclu en mars. 
    Si les flux de migrants ont nettement diminué depuis 
quelques mois, la chancelière reste visée par des critiques 
nourries de ses alliés conservateurs de Bavière ainsi que du 
parti eurosceptique et anti-immigration Alternative pour 
l'Allemagne (AfD). 
    "Je ne suis pas contre des discussions avec la Turquie mais 
je crois qu'il est dangereux de devenir aussi dépendant 
d'Ankara", a ainsi déclaré Horst Seehofer, chef de file de la 
CSU, le parti conservateur bavarois allié de la CDU d'Angela 
Merkel. 
     
    LA COOPÉRATION AVEC ANKARA RESTE NÉCESSAIRE, DIT STEINMEIER 
    Interrogé par le Welt am Sonntag, il a ajouté que l'accord 
avec la Turquie avait favorisé l'AfD, actuellement créditée de 
jusqu'à 15% d'intentions de vote dans les sondages d'opinion. 
    Sahra Wagenknecht, membre du parti de gauche radicale Die 
Linke (La Gauche), a reproché dans le même journal à Merkel 
d'avoir négocié l'accord avec Ankara sans impliquer les 
partenaires européens de l'Allemagne.  
    "La chancelière est donc responsable du fait que l'Europe 
est devenue plus vulnérable à un chantage du régime autoritaire 
turc et du fait qu'Erdogan se sent nettement renforcé pour 
piétiner les droits de l'homme", a-t-elle dit.  
    Cem Özdemir, co-dirigeant des Verts, le parti écologiste 
allemand, et fils d'immigrés turcs, a lui déclaré à Welt am 
Sonntag que l'accord avec Ankara exposait l'Europe au risque 
d'un chantage, en jugeant qu'Angela Merkel était en grande 
partie responsable de la situation. 
    Des membres du Parti social-démocrate (SPD), partenaire de 
coalition de la CDU, ont aussi exprimé leur préoccupation. 
    Carsten Schneider, élu SPD au Bundestag, a ainsi déclaré au 
Welt am Sonntag que la chancelière avait fait d'Erdogan la clé 
de la politique des réfugiés et que si le président turc 
refusait de coopérer, "l'ampleur de l'isolement de l'Allemagne 
en Europe allait redevenir évidente".  
    Mais le ministre SPD des Affaires étrangères, Frank-Walter 
Steinmeier, a estimé dans le Tagesspiegel que la coopération 
avec la Turquie restait nécessaire "si nous voulons éviter la 
situation que nous avons connue l'an dernier". 
     
 
 (Marc Angrand pour le service français) 
 
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  • charleco le lundi 16 mai 2016 à 16:35

    Non seulement elle donne dans le chantage turc, mais elle est le chien de garde de l'OTAN en Europe.