Allemagne-Les discussions sur une coalition Jamaïque achoppent

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    par Thorsten Severin et Andreas Rinke 
    BERLIN, 17 novembre (Reuters) - Les efforts menés par la 
chancelière allemande Angela Merkel pour mettre sur pied une 
coalition gouvernementale composée du bloc conservateur qu'elle 
dirige, des libéraux et des écologistes semblaient au point mort 
jeudi en fin de soirée. 
    Certains participants aux négociations ont souligné que les 
divergences entre les trois partenaires d'une éventuelle 
coalition Jamaïque sur le finances, le climat et l'immigration 
étaient toujours susceptibles de faire capoter les pourparlers. 
    Angela Merkel, 63 ans, qui espère parvenir à un accord lui 
assurant un quatrième mandat de quatre ans à la tête du pays, 
avait émis le voeu de voir les "discussions exploratoires" 
lancées le mois dernier entre les trois formations se terminer. 
dans la journée ou dans la nuit, afin de pouvoir enfin ouvrir 
des négociations officielles. 
    La chancelière avait reconnu plus tôt dans la journée de 
jeudi que la tâche était difficile, tout en se disant optimiste. 
    Mais l'ambiance s'est détériorée au cours de la journée, les 
partis interrompant les négociations de groupe et se retirant 
pour tenir conseil chacun de leur côté. 
    Un responsable des libéraux du FDP Alexander Lambsdorff a 
évoqué dans un message posté sur Twitter des "mines graves" 
tandis que le vice-chef de file du parti Wolfgang Kubicki a 
laissé entendre qu'une prolongation des discussions 
exploratoires était peut-être nécessaire. 
    Des membres du parti conservateur CDU ont reconnu le mauvais 
déroulement des pourparlers. Les Verts et la CSU - la branche 
bavaroise de la CDU - se sont même mutuellement accusés de 
bloquer toute possibilité d'accord. 
    La coalition envisagée, qui n'a jamais été expérimentée au 
niveau fédéral, est surnommée "coalition Jamaïque" en raison des 
couleurs du drapeau jamaïcain : noir pour la CDU-CSU, jaune pour 
le FDP, vert pour les Grünen. 
    Si aucun accord de coalition n'est trouvé, de nouvelles 
élections ne sont pas à exclure, un scénario qu'aucune des trois 
formations en discussion ne souhaite, de crainte de voir une 
nouvelle progression du parti d'extrême droite Alternative pour 
l'Allemagne (AfD), qui a fait son entrée en septembre au 
Bundestag. 
    Une telle éventualité est susceptible de peser lourdement 
sur l'euro. 
     
    LES TALENTS DE NÉGOCIATRICE D'ANGELA MERKEL 
    Angela Merkel a tenté de sortir de l'impasse - du moins sur 
les questions climatiques - en proposer de réduire la capacité 
de production d'électricité générée par le charbon de sept 
gigawatts, ont dit des sources proches des discussions, un total 
inférieur aux 10 gigawatts réclamés par les Verts mais supérieur 
à une proposition précédente d'une réduction de cinq gigawatts. 
    La chancelière est sous pression de son propre parti 
conservateur, notamment de la CSU, de ne pas faire de compromis 
trop importants, en particulier sur l'immigration, pour arriver 
à un accord de coalition. 
     "Je ne sais pas si nous pouvons régler toutes nos 
divergences, tous nos désaccords", a confié Joachim Herrmann, un 
responsable de la CSU. 
    Angela Merkel est réputée pour ses talents de négociatrice, 
notamment dans les instances européennes, où elle joue souvent 
sur l'usure de ses partenaires de négociation. La chancelière 
doit maintenant appliquer sa recette au niveau national. 
    "L'échec de la coalition Jamaïque serait l'échec de Merkel", 
estime le quotidien Bild. 
    Les sociaux-démocrates du SPD, deuxième formation du 
Bundestag et qui avaient formé une "grande coalition" avec les 
conservateurs lors de la précédente législature, ont cette fois 
décidé de se "refaire des forces" dans l'opposition, après avoir 
enregistré le 24 septembre leur pire résultat de l'après-guerre, 
avec seulement 20,5% des voix. 
    Un éventuel accord devra ensuite être approuvé par les 
instances de chaque parti. Dans ce cas, les Verts organiseront 
le 25 novembre une conférence afin d'en examiner les termes. 
    En cas d'échec jeudi ou vendredi matin, nombreux sont ceux 
qui sont prêts à jeter l'éponge. "Si on n'arrive pas à se mettre 
d'accord après trois semaines de discussions, alors trois jours 
de plus ne changeront rien", a ainsi estimé Annegret 
Kramp-Karrenbauer, ministre-présidente CDU de la Sarre. 
 
 (Avec la contribution de Riham Alkousaa, Andreas Rinke, 
Hans-Edzard Busemann, Gernot Heller et Andrea Shalal; Guy 
Kerivel et Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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