Allemagne-La production industrielle baisse, doutes sur la croissance

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    * Baisse de 1,2% de la production industrielle en décembre 
    * Plus forte baisse depuis août 2014 
    * Les exportations ont aussi reculé 
    * De mauvais augure pour le PIB du 4e trimestre 
 
    par Michael Nienaber 
    BERLIN, 9 février (Reuters) - La production industrielle 
allemande a subi en décembre sa plus forte baisse en 16 mois et 
les exportations ont accusé un recul inattendu, deux mauvais 
signes pour la première économie d'Europe.  
    Ces indicateurs décevants sont de nature à alimenter les 
doutes sur les perspectives de croissance de l'Allemagne, 
toujours fortement tournée vers l'export et qui souffre à ce 
titre du ralentissement des grands marchés émergents, Chine en 
tête, comme de la décélération de la croissance américaine.  
    La production industrielle a reculé de 1,2% en décembre, une 
baisse sans précédent depuis août 2014, montrent les 
statistiques publiées par le ministère de l'Economie, alors que 
les économistes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur 
une hausse de 0,4%.  
    "La production industrielle a connu un passage à vide fin 
2015", constate le ministère dans un communiqué, précisant que 
l'activité du secteur a baissé de 0,8% sur l'ensemble du 
trimestre octobre-décembre.  
    Parallèlement, les chiffres de Destatis, l'institut national 
de la statistique, montrent que les exportations en données 
corrigées des variations saisonnières ont baissé de 1,6% en 
décembre, comme les importations, ramenant l'excédent commercial 
mensuel à 18,8 milliards d'euros. 
    Le consensus Reuters donnait une hausse de 0,5% des 
exportations, un recul de 0,5% des importations et un excédent 
de la balance commerciale de 20,2 milliards d'euros.  
     
    "TOUT NE VA PAS POUR LE MIEUX" 
    Sur l'ensemble de 2015, la balance commerciale allemande a 
néanmoins inscrit un nouveau record avec un excédent de 247,8 
milliards d'euros.  
    "Les chiffres de ce matin constituent un douloureux rappel 
du fait que tout ne va pas pour le mieux dans la plus grande 
économie d'Europe", commente Carsten Brzeski, économiste d'ING 
Bank. 
    "En fait le 'Wirtschaftswunder' (le miracle économique) 
allemand n'est miraculeux que sur le plan intérieur", 
ajoute-t-il en soulignant que la consommation est devenue le 
principal moteur de l'économie grâce à la bonne santé du marché 
du travail, à la faiblesse des taux d'intérêt et à la croissance 
des salaires.  
    Vendredi dernier, les chiffres des commandes à l'industrie 
avaient montré une baisse plus marquée qu'attendu en décembre, 
signe que les premiers mois de 2016 pourraient eux aussi être 
difficiles pour le secteur industriel. 
    Destatis doit publier vendredi matin la première estimation 
du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre et le 
consensus donne une croissance de 0,3%, comme sur 
juillet-septembre.  
    Sur l'ensemble de 2015, la croissance a été de 1,7% selon la 
première estimation publiée le mois dernier par Destatis, grâce 
à la consommation intérieure et à l'augmentation des dépenses 
publiques.   
    Cette hausse de la dépense publique est liée en partie à 
l'afflux de centaines de milliers de réfugiés sur le sol 
allemand ces derniers mois, considéré initialement comme 
globalement bénéfique pour l'activité économique même si 
certains doutes se sont exprimés depuis.  
    Le gouvernement a revu en baisse récemment sa prévision de 
croissance 2016, ramenée de 1,8% à 1,7%.  
     
 
 (avec Joseph Nasr; Marc Angrand pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 
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