Allemagne-L'AfD eurosceptique refuse la marginalisation

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par Stephen Brown BERLIN, 1er septembre (Reuters) - Les eurosceptiques du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui ont obtenu pour la première fois en Saxe des élus dans un parlement régional, entendent être considérés comme une force politique crédible et ne veulent pas être marginalisés par la chancelière Angela Merkel. Celle-ci, sourde aux appels de la frange la plus droitière de son parti, refuse toutefois d'envisager une alliance locale entre son Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'AfD. Dimanche, lors du vote pour le Landtag de Saxe, l'AfD a recueilli à la surprise générale 9,7% des suffrages. La CDU est arrivée largement en tête du scrutin (39% des voix) et son dirigeant local Stanislaw Tillich devrait se maintenir à la tête de l'exécutif régional, grâce à une alliance avec les sociaux-démocrates du SPD, comme c'est le cas au niveau national. La CDU continue de considérer l'AfD comme un parti marginal, qui pencherait vers l'extrême droite, mais si la formation eurosceptique réalise de bons scores lors des élections régionales prévues ce mois-ci en Thuringe et dans le Brandebourg, les conservateurs pourraient être amenés à revoir leurs positions. Les libéraux du FDP, alliés traditionnels de la CDU à droite, ont pratiquement disparu depuis un an du paysage politique allemand. Plusieurs responsables de la CDU ont appelé le parti à coopérer avec l'AfD, ce qu'Angela Merkel a une nouvelle fois refusé lundi: "Mon objectif est de réduire le plus possible le rôle de l'AfD", a-t-elle martelé. Mais pour Frauke Petry, une femme d'affaires de 39 ans qui a dirigé la campagne du parti eurosceptique en Saxe, "il est temps que Mme Merkel prenne enfin l'AfD au sérieux". "NE JAMAIS DIRE JAMAIS" La CDU a réalisé dimanche en Saxe son score le moins bon depuis qu'elle a pris la direction de ce Land oriental après la réunification de l'Allemagne en 1990. Le parti conservateur aurait perdu 35.000 voix au profit de l'AfD. Les eurosceptiques arrivent en quatrième position derrière la CDU, le SPD et le parti de la gauche radicale Die Linke et devancent les Verts. Les libéraux du FDP et le NPD d'extrême droite perdent leurs élus dans le parlement régional à Dresde. Frauke Petry a rejeté les accusations de la CDU selon lesquelles son parti serait parti chasser sur les terres de l'extrême droite pour assurer son entrée au Landtag. "Ce n'est pas l'AfD qui doit se demander où elle se trouve sur l'échiquier politique mais plutôt la CDU qui doit se demander si elle n'est pas devenue un parti de gauche", a-t-elle dit. Dans deux semaines, la formation eurosceptique a des chances d'avoir des élus en Thuringe et dans le Brandebourg. Dans ce dernier Land, autour de Berlin, le SPD devrait conserver le pouvoir à la tête d'une coalition de gauche. En Thuringe, la CDU, quoique donnée en tête dans les sondages, n'est pas assurée de sa victoire et pourrait perdre la tête du gouvernement local. Face à la quasi-disparition des libéraux du FDP, des voix s'élèvent au sein de la CDU en faveur d'accords avec l'AfD. "Quand on parle de coalitions, il ne faut jamais dire jamais", commente Erika Steinbach, élue de la CDU au Bundestag, le parlement fédéral. (Avec Noah Barkin; Guy Kerivel pour le service français)

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