Allemagne-Gabriel dénonce les tensions CDU-CSU sur les migrants

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BERLIN, 30 octobre (Reuters) - Le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, issu du Parti social-démocrate (SPD), a averti vendredi que les désaccords au sein du camp conservateur d'Angela Merkel sur la gestion de l'afflux de migrants dans le pays risquaient de compromettre la capacité d'action du gouvernement dans ce dossier. La chancelière et Horst Seehofer, le chef de file de l'Union social-chrétienne (CSU) bavaroise, parti frère local de la CDU chrétienne-démocrate, ont affiché à de nombreuses reprises des positions différentes sur la manière dont l'Allemagne doit faire face à l'arrivée prévue sur son sol cette année de 800.000 à un million de réfugiés et migrants, dont une grande partie viennent de zones de conflit au Moyen-Orient. Angela Merkel s'est dite favorable à un accueil aussi large que possible et assure que l'Allemagne peut faire face à ce phénomène exceptionnel. Horst Seehofer, lui, estime que l'existence même du bloc conservateur CDU-CSU sera menacée si la chancelière ne "corrige" pas sa politique en matière d'asile. Dans un entretien au site Spiegel Online, Sigmar Gabriel déclare que les partis conservateurs se comportent de manière "irresponsable" et qu'ils alimentent les doutes au sein de la population allemande sur la capacité de l'Allemagne à accueillir les nouveaux arrivants. "Etant donné l'ampleur du défi auquel notre pays est confronté en raison de la forte immigration de réfugiés, le désaccord entre la CDU et la CSU est en train de menacer la capacité du gouvernement à agir", a dit le vice-chancelier. "Plus le désaccord durera au sein du bloc conservateur, plus nombreux seront les gens qui se détournent de la politique et plus important sera le terrain gagné par les radicaux d'extrême-droite", a-t-il ajouté. LA POPULARITÉ DE LA CDU-CSU BAISSE, L'AFD PROGRESSE La popularité des conservateurs a reculé ces dernière semaines, un récent sondage de Forsa la donnant en baisse de deux points à 36%, le chiffre le plus faible enregistré depuis trois ans. Parallèlement, plusieurs enquêtes d'opinion ont fait état d'une popularité croissante de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), un parti de droite eurosceptique et anti-immigrés. Le ministre des Finances du Land de Bavière, Markus Söder, a déclaré cette semaine que les relations entre la CSU et la CDU connaissaient actuellement leurs pires difficultés depuis 1976, année du conflit au sommet entre Helmut Kohl et Franz-Josef Strauss. Hors Seehofer et Angela Merkel doivent se rencontrer samedi pour débattre de la politique gouvernementale d'accueil des réfugiés. Sigmar Gabriel se joindra ensuite aux discussions. Des milliers d'immigrants continuent d'arriver chaque jour en Bavière et la CSU réclame des mesures immédiates pour réduire le nombre d'entrées sur le territoire allemand, a rapporté le quotidien Passauer Neue Presse, citant une liste de revendications de la CSU établie avant la réunion de samedi. Le parti bavarois se prononce entre autres pour la création de "zones de transit" aux frontières de l'Allemagne, censées permettre d'empêcher l'entrée de migrants n'ayant aucune chance d'obtenir l'asile, précise le journal. Deux hauts responsables du SPD ont accusé Horst Seehofer de compromettre la coalition gouvernementale et affirmé que leur parti s'opposerait aux "zones de transit". L'un d'eux, Thorsten Schäfer-Gümbel a critiqué la "propagande droitière populiste et bon marché" de la CSU. (Michelle Martin,; Marc Angrand pour le service français)

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  • kurki le vendredi 30 oct 2015 à 16:20

    Plutôt que d'arrêter (stopper) les réfugiés à leur entrée en Allemagne, il vaudrait mieux les empêcher de partir de Turquie !