Allemagne-Exaspération après le "non" grec, Merkel silencieuse

le , mis à jour à 23:38
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BERLIN, 5 juillet (Reuters) - Les responsables politiques et économiques allemands n'ont pas caché leur exaspération dimanche après le rejet par référendum des propositions faites à Athènes par les créanciers internationaux, allant pour certains jusqu'à juger une sortie de la Grèce de la zone euro désormais inévitable. La chancelière allemande Angela Merkel, qui n'a fait aucune déclaration, s'est entetenue avec le président français François Hollande et a convenu avec lui de demander la tenue d'un sommet de la zone euro sur la Grèce, qui se déroulera mardi. Le ministre allemand de l'Economie a jugé difficile d'engager des négociations sur un nouveau plan d'aide à Athènes. Estimant que le Premier ministre grec acculait ses concitoyens au désespoir, Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier, a estimé qu'Alexis Tsipras avait coupé les derniers ponts par lesquels un compromis avec l'Europe aurait pu être trouvé. "Avec le rejet des règles de la zone euro(...), des négociations sur un plan d'aide se chiffrant en milliards est difficilement concevable", a dit Gabriel, leader du SPD (sociaux-démocrates), qui gouverne en coalition avec les conservateurs de la chancelière Angela Merkel. Le chef de la diplomatie allemande, Frank-Walter Steinmeier, lui aussi membre du parti social-démocrate, a déclaré qu'il fallait accepter le résultat du référendum grec et que la balle était déormais dans le camp d'Athènes. "LA VOIE DE L'ISOLEMENT" Le vice-président du groupe conservateur CDU-CSU au Bundestag, Michael Fuchs, a estimé qu'Alexis Tsipras avait provoqué un "désastre" et qu'il devait maintenant "ramasser les morceaux". Il a aussi dit qu'il ne voyait aucune chance pour une solution sur la Grèce dans les 48 prochaines heures. Le porte-parole du gouvernement grec avait auparavant souhaité que de nouvelles négociations permettent la conclusion d'un accord dans les plus brefs délais. "Les négociations qui vont s'ouvrir doivent déboucher très rapidement, peut-être même d'ici 48 heures", avait déclaré Gabriel Sakellaridis à la télévision grecque. Membre de la direction de la CDU, Julia Klöckner, a prévenu que le Premier ministre grec ne devait pas penser qu'il pouvait mettre l'Europe sous pression au vu du résultat du référendum. La Grèce pourrait se trouver dans une meilleure situation en dehors de la zone euro, a dit quant à lui Hans Michelbach, membre influent de l'Union chrétienne sociale (CSU), la branche bavaroise de la CDU d'Angela Merkel, à Reuters. "Malheureusement, la Grèce a choisi la voie de l'isolement", a dit Hans Michelbach, qui est aussi le porte-parole de la CSU sur les questions budgétaires. Parmi les représentants des milieux d'affaires, Anton Börner, dirigeant de la fédération patronale BGA, qui regroupe des entreprises exportatrices, a jugé un Grexit inévitable. "Nous ne pourrons pas l'éviter", a-t-il dit à Reuters. Georg Fahrenschon, président de l'Association des caisses d'épargne, est sur la même longueur d'onde. "Avec le "non", le peuple grec s'est exprimé contre les fondations et les règles de la zone euro. En conséquence, la Grèce devrait quitter la zone euro", a-t-il dit. (Gernot Heller et Andreas Rinke, Marc Joanny pour le service français, édité par Eric Faye)

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