Allemagne-Commerce encourageant mais qui perd de son lustre

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    par Michael Nienaber 
    BERLIN, 8 avril (Reuters) - Les exportations se sont 
redressées en février en Allemagne, à leur rythme le plus 
soutenu en cinq mois et au-delà du consensus, grâce à une nette 
progression de la demande de ses partenaires commerciaux 
européens. 
    Les chiffres publiés vendredi par l'Office fédéral de la 
statistique, s'ajoutant à ceux, parus deux jours auparavant, de 
la production industrielle, dont le recul en février a été moins 
marqué que prévu, alimentent à leur tour l'espoir d'une 
accélération de la croissance au premier trimestre.   
     Ce n'est pas pour autant que les exportations redeviendront 
un moteur de la croissance allemande dans les mois qui viennent, 
au vu d'une médiocre conjoncture économique mondiale, de l'avis 
des analystes. 
    Les exportations ont augmenté de 1,3% CVS en février, après 
avoir diminué deux mois consécutifs. C'est aussi leur 
progression la plus forte depuis septembre et elle dépasse 
largement le consensus d'économistes interrogés par Reuters qui 
donnait une hausse limitée à 0,5%. 
    Les importations ont augmenté également, de 0,4% CVS. 
    Au total, l'excédent commercial a progressé à 19,8 milliards 
d'euros contre 18,7 milliards d'euros révisés en janvier. Les 
économistes interrogés par Reuters anticipaient une baisse de 
0,3% des importations, ainsi qu'un excédent commercial de 18,5 
milliards d'euros. 
    Une lecture plus détaillée des chiffres bruts montre que la 
demande des pays de l'Union européenne (UE) a augmenté de 5,5% 
en février, tandis que les exportations vers les pays hors zone 
euro ont bondi de 9,3%. Les exportations vers les pays en dehors 
de l'UE ont progressé de 2,0%. 
    Les importations ont suivi un schéma identique. 
    Carsten Brzeski, économiste d'ING, juge que la statistique 
commerciale est encourageante d'un certain point de vue mais il 
estime que l'économie allemande perd de son allant. 
    "Les exportations allemandes ont perdu une partie de leur 
magie et de leur vigueur", observe-t-il, ajoutant que les 
exportations nettes n'ont en moyenne rien apporté à la 
croissance trimestrielle du PIB ces deux dernières années. 
    Ce sont la consommation privée et la dépense publique qui 
ont permis à l'Allemagne de dégager une croissance de 1,7% l'an 
passé et les analystes doutent qu'elle fasse mieux cette année. 
    Les grands instituts de conjoncture livreront le 14 avril 
leurs prévisions de croissance de 2016 remises à jour. Le 
gouvernement devrait faire de même six jours plus tard.  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 
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