Allemagne/Chine-Sigmar Gabriel veut des règles du jeu équitables

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    * Montée en puissance des firmes chinoises en Allemagne 
    * Le ministre de l'Economie demande une "concurrence loyale" 
    * Pas de réponse législative à l'OPA chinoise sur Kuka 
 
    par Madeline Chambers et Caroline Copley 
    BERLIN, 8 juin (Reuters) - Le ministre allemand de 
l'Economie a appelé mercredi au respect de règles de jeu 
équitables pour les investissements internationaux, une allusion 
à peine voilée à l'appétit croissant de groupes chinois pour des 
entreprises allemandes. 
    Sigmar Gabriel a établi une distinction entre des marchés 
ouverts et ce qu'il a appelé "un marché interventionniste de 
capitalisme d'Etat", autrement dit la Chine où les entreprises 
allemandes se plaignent depuis longtemps des difficultés 
qu'elles éprouvent à investir ou à acquérir des firmes locales. 
    "Nous ne pouvons pas sacrifier des entreprises allemandes et 
des emplois allemands sur l'autel de l'ouverture des marchés 
quand en réalité il n'y a pas d'égalité. Pour avoir des marchés 
ouverts, il faut que les mêmes règles soient respectées 
partout", a dit Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier, à 
des journalistes. 
    "Il ne s'agit pas de protectionnisme mais d'équité (...). On 
ne parle pas du cas d'une entreprise en particulier ou d'un 
pays. On parle de marchés ouverts sur la base d'une concurrence 
loyale, avec les mêmes conditions pour tous." 
    Le dirigeant social-démocrate a démenti toutefois une 
information du magazine Die Zeit selon laquelle l'Allemagne 
pourrait faire une loi pour bloquer l'OPA de 4,5 milliards 
d'euros récemment annoncée par le groupe chinois Midea sur le 
fabricant de robots industriels Kuka.   
    "Il n'y aura pas de loi Kuka", a-t-il dit. "Il s'agit de 
soulever le problème au niveau de l'Europe, pas de changer une 
loi en Allemagne." 
    Lundi, le groupe de négoce Shanghai Yiqian Trading Company a 
annoncé le rachat du petit aéroport de Francfort-Hahn et des 
rumeurs circulaient mercredi à la Bourse de Francfort sur une 
possible OPA de l'opérateur télécoms China Mobile  0941.HK  sur 
Wirecard  WDIG.DE , un spécialiste allemand des solutions de 
paiement.    
    Sigmar Gabriel, qui s'est aussi inquiété publiquement de 
l'impact pour l'industrie sidérurgique européenne des 
importations d'acier chinois à bas prix, s'était précédemment 
dit favorable à une contre-offre européenne sur Kuka mais le 
gouvernement a démenti interférer dans cette affaire. 
  
    Cette actualité coïncide avec une visite de la chancelière 
Angela Merkel en Chine le week-end prochain. 
    Kuka est détenu à 25,1% par le groupe d'ingénierie non coté 
Voith, dont le président du directoire Hubert Lienhard se trouve 
être aussi le président du Comité Asie-Pacifique de l'Industrie 
allemande (APA). 
    Lienhard a dit à Reuters qu'il attendrait de connaître les 
modalités précises de l'offre de Midea avant de se prononcer et 
d'étudier d'éventuelles alternatives. 
    Mais il n'y a, selon lui, pas à craindre une perte du savoir 
technologique allemand au profit de la Chine. 
    "Je n'imagine pas de voir partir l'industrie allemande", 
a-t-il affirmé, rappelant que le tissu industriel du pays se 
compose à 80% de PME et d'entreprises de taille intermédiaire 
qui ne sont pour la plupart pas cotées en Bourse, ce qui rend 
impossible des prises de contrôle hostiles. 
 
 (avec la collaboration d'Andreas Rinke, Véronique Tison pour le 
service français) 
 

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